Zoom Arrière : Les Flops de 2015

On 24/12/2015 by Nicolas Gilson

L’exercice semble facile, il ne l’est pas tant. Epingler les 10 « pires » expériences cinématographiques de l’année écoulée revient le plus souvent à mettre en avant de réelles déceptions ou à épingler ce qui nous a proprement atterré.

Top Flop 10
Premier long-métrage de Xavier Diskeuve, JACQUES A VU est un cas d’école tant rien ne fonctionne. Difficile de ne pas tirer su l’ambulance. Mais la comédie n’est pas le seul « Belgian Disaster » de l’année. Vomissons également JE SUIS MORT MAIS J’AI DES AMIS, preuve que, même avec de très bons ingrédients, on peut rater une soupe.

Top Flop 9
Du VOYAGE D’ARLO du couple formé par Pixar et Disney, POURQUOI J’AI PAS MANGE MON PERE partage la même crétinerie, le talent en moins. Hommage funeste à Louis de Funès en prime.

Top Flop 8
Entre ego trip et onanisme, LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES ET UN FUSIL est le délire autosuffisant de Joann Sfar. Objectualisant son actrice et suçant la cervelle de sa protagoniste, le « cinéaste » a les carte en main pour écrire « l’esthétisation pour les nuls ».

Top Flop 7
Nous aurions pu épingler le délire apocalyptique de Terrence Malick tant KNIGHT OF CUPS est une vertigineuse chute masturbatoire,  mais la 65 ème Berlinale a joué les montagnes russes nous emportant vers de réelles torpeurs. Parmi celles-ci, QUEEN OF THE DESERT de Werner Herzog s’est imposé comme une épreuve qui présentait néanmoins un grand avantage : faire rire. Employant à dessein l’égocentrique James Franco, il semble se moquer ouvertement de Nicole Kidman et son obsession de l’image lisse.

Top Flop 6
« Vous, vous n’avez pas aimé LOLO« . L’attachée de presse internationale du film a vu juste. Quintessence du pire de la production française, la comédie so frenchy de Julie Delpy est des plus agaçante tant elle est bête. Risible. L’action est donc là.

Top Flop 5
L’une des plus grosses déceptions de l’année restera le four de Gus Van Sant. Avec THE SEA OF TREES, il sert aux spectateurs une panade fade et indigeste, les gavant proprement au fil d’un mélodrame onirique d’une balourdise désolante.

Top Flop 4
L’année 2015 nous aura offert le pire de Juliette Binoche. Dans NOBODY WANTS THE NIGHT, elle n’est que dans la performance, se transformant en caricature d’elle-même. Elle veut nous conduire aux larmes et rend la salle hilare. Un bide en ouverture de la Berlinale. A la Mostra, elle défendra L’ATTESA. Elle s’y fait pipi dessus. Nouvelle performance, nouveau four. Et encore nous n’avons pas vu THE 33, Truly Moving Picture Award au festival Heartland Film qui disparaîtra fort heureusement dans les limbes de sa cinématographie.

Top Flop 3
Sélectionné à Cannes en Compétition Officielle, MARGUERITE & JULIEN désavoue Valérie Donzelli à nos yeux – tout autant que sa sélection qui apparaît franchement mesquine. A la pleine excitation a répondu une amère désolation à mesure que nous nous effacions dans notre siège effrayé à l’idée de la prochaine (très) mauvaise idée de mise en scène… Un florilège.

Top Flop 2
Rarement déception aura un goût aussi amer. Malgré toute notre bonne volonté, THE ENDLESS RIVER, le troisième long-métrage d’Oliver Hermanus est indigeste et risible : un véritable carnage au sein duquel aucun élément n’est épargné.

Top Flop 1

Luca Guadagnino nous avait enchantés avec AMORE (IO SONO L’AMORE) dans lequel il offrait à Tilda Swinton un rôle mémorable. Après l’effroyable MELISSA P., le réalisateur italien entrait dans la cour des grands proposant un film qui restera son chef-d’oeuvre. Adaptation contemporaine de LA PISCINE, A BIGGER SPLASH prouve qu’il n’a aucun talent tant de l’écriture au montage, le film est une réelle torture. Au fil d’une mise en scène qui part proprement en vrille, il signe un thriller érotico-vulgaire dont on cherche très longuement l’érotisme… Un enfer de 120 minutes dans lequel Tilda Swinton est irritante, Ralph Fienes nous donne des envies de meurtre et Dokata Johnson obtient le prix de la minauderie. Cerise sur le gateau : en bon seigneur, Luca Guadagnino fait, non sans condescendance, un clin d’oeil aux migrants qui traversent la région où se situe l’action. A vomir – et pas uniquement à cause des effets gratuits de zoom et de de-zoom dont on a cessé de chercher le sens.

En bref :

  1. A BIGGER SPLASH, Luca Guadagnino

  2. THE ENDLESS RIVER, Oliver Hermanus

  3. MARGUERITE & JULIEN, Valérie Donzelli

  4. NOBODY WANTS THE NIGHT, Isabel Coixet / L’ATTESA, Piero Messina

  5. THE SEA OF TREES, Gus Van Sant

  6. LOLO, Julie Delpy

  7. QUEEN OF THE DESERT, Werner Herzog

  8. LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES  ET UN FUSIL, Joann Sfar

  9. POURQUOI J’AI PAS MANGE MON PERE, Jamel Debouze

  10. JACQUES A VU, Xavier Diskeuve

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