Zoom Arrière : 2018 en 20 Titres (Le Top)

On 30/12/2018 by Nicolas Gilson

Si Un grand moment de cinéma s’est montré peu prolifique en 2018 (une année presque sabbatique), ce n’est pas pour autant que nous n’avons pas été séduits par des nombreuses productions cinématographiques qui nous ont fait voyager. L’année 2018 a été riche en sorties, très riche même. Coup de projecteur.

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Le premier long-métrage d’Ari Aster nous a saisi de bout en bout. Offrant à Toni Colette un rôle aussi impressionnant que savoureux (tant elle s’est prêtée au jeu), le réalisateur ne cesse de nous surprendre. De basculement en basculement, il signe un film proprement fascinant au fil duquel il se réapproprie les codes avec lesquels il s’amuse pour notre plus grand plaisir autant que notre terreur.

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Teinté de mélancolie, LADY BIRD est riche de son humour. Avec autant de tendresse que de délicatesse, Greta Gerwig parvient à nous faire vivre les derniers instants de naïveté d’une jeune fille qui aimerait déjà être femme. Poignant, le film nous arrache bien des larmes. LA relation entre la protagoniste et ses parents est dépeintes avec une force rare. Subjuguant.

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Le premier long-métrage de Lukas Dhont a saisi la Croisette. Ecrit avec soin et mis en scène avec panache, le film révèle Victor Polser dans un rôle saisissant. Le film belge fait de l’ombre à des compatriotes, pourtant très réussi, comme NOS BATAILLES ou BITTER FLOWERS.

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Découvert à Venise en 2017, THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI est l’un des choc de l’année 2018. Un rôle éblouissant pour Fraces McDormand qui a remporté un Oscar mérité pour sa prestation. Le scénario est étourdissant, la réalisation sensationnelle.

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Un autre film qui présente l’intérêt d’être revu (encore et encore) : ILSE OF DOGS de Wes Anderson. Un conte qui se veut fable, une fable qui est une critique acerbe. Drôle, piquant et émouvant. L’animation est magistralement orchestrée et les personnages absolument tous plus géniaux les uns que les autres (sauf peut-être le méchant, c’est une question de principe).

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LEAN ON PETE nous avait séduit à Venise en 2017. Un portrait délicat signé Andrew Haigh qui révèle Charlie Plummer.

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Force est de constater que le cru de la Mostra 2017 nous a émerveillé. FOXTROT nous hante encore.

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Cap sur la Croisette dont BURNING de Lee Chang-Dong est rentré bredouille.  Imposant un rythme singulier, le réalisateur nous emporte au coeurd ‘un thriller dont les contours ne cessent de se redéfinir. Un très grand film.

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Paul Dano passé derrière la caméra, il signe un film absolument mirifique avec WILDLIFE. Adaptant le roman éponyme de Richard Ford, le réalisateur nous fond littéralement au point de vue et au ressenti du protagoniste âgé de 14ans au début des années 1960. Nous faisons corps avec lui, éprouvant chacune des sensations sur lesquelles il est incapable de mettre des mots avec toutefois un regard extérieur et contemporain sur la situation. Nous comprenons l’indicible, nous nous éprenons pour chacun des personnages sans forcément comprendre leurs actions, mais ce n’en est que plus intéressant. Un film féministe et humaniste. Un film douloureux autant que lumineux.

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Premier long-métrage de Xavier Legrand, JUSQU’A LA GARDE est une claque. Doublement primé à Venise en 2017 (encore), le film nous fond ici aussi au ressenti d’un jeune protagoniste tout en envisageant la détresse de chacun. Jamais le réalisateur ne juge ses personnages, nous amenant à avoir constamment des doutes… pour peut-être formuler mieux encore quelques certitudes; La scène de fin, au-delà de l’action, nous hantera longtemps. Un simple échange de regard, une porte qui se referme et un non-dit qui en dit long.

TOP-2018-10Découvert au FID à Marseille, MITRA est l’un des choc de cette année cinématographique : un film hybride, ni de fiction ni documentaire, ou plutôt tout à la fois fiction et documentaire. Un véritable voyage au fil des sens au coeur de ce que d’aucuns nommeraient la folie. Sur base d’un échange épistolaire contemporain (des mails) qui résonne comme un cri au secours, Jorge Leon construit un opéra qui met en relation avec un centre psychiatrique. Tissant un film où chaque élément nourrit les autre, il questionne habilement la notion de normalité. Lorsque la certitude de la condamnation (lorsque l’on n’a pas une maladie mais que l’on est sa propre maladie) vire au thriller, le film se meut en une tragédie. Bluffant.

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MEKTOUB MY LOVE est un étourdissant film sur la vie et sur l’insouciance d’un âge où tout est encore possible. Un voyage dans le temps vers l’aube de l’âge adulte, les premières pulsions et les premières passions. (En compétition à Venise en 2017…)

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Si DHEEPAN laissait présager le pire, le dernier opus de Jacques Audiard fut l’une des (bonnes) surprises de cette année 2018. Présenté en compétition à Venise, THE SISTERS BROTHERS est loin d’être un banal western – ce qui d’ailleurs n’intéresse pas le réalisateur. D’une rare sensibilité, le film qui est teinté d’homoérotisme est une critique acerbe – et extrêmement contemporaine – de toute quête de pouvoir jusqu’à l’aveuglement. Même la musique d’Alexandre Desplat est géniale. C’est dire.

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Parce que nous ne pouvons pas ne pas crier notre amour au cinéma de Hélène Cattet et Bruno Forzani. LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES : oui, oui, oui et encore oui ! Promis.

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Le choc du Festival de Cannes – même si nous n’avons pas pu l’y voir – était encore une fois signé Gaspar Noé. CLIMAX est un film dingue, étourdissant. Un huis-clos horrifique et pourtant excitant. Le réalisateur – aidé par l’ensemble de ses collaborateur tant chaque élément technique est à saluer – nous hypnotise proprement. L’envie de s’enfuir se fond, se confond avec celle de nous jeter sur la piste de danse, de vivre la musique. Ou pas.

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Tout aussi violent, mais bien plus délicat, DOGMAN de Matteo Garrone prouve que le cinéma italien n’est pas mort, loin de là. Après l’inénarrable THE TALE OF TALES, la réalisateur revient à un portrait intime et intimiste qui nous enchante autant qu’il nous meurtri. Une fable emporté par un acteur généralissime.
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Un autre film italien, même s’il n’y parait pas, a eu nos préférences : HANNAH d’Andrea Pallaoro. Charlotte Rampling y est époustouflante.

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Au fil de PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE, Christophe Honoré se met peut-être plus que jamais à nu. la sincérité des rapports qui prennent place dans le film assoit du moins cette impression. Rarement l’amour a été loué avec un tel enchantement. C’est beau, c’est triste, c’est merveilleux.

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Sensationnel, LAZZARO FELICE irradie dès son ouverture par la couleur et l’atmosphère qu’Alice Rohrwacher parvient admirablement à mettre en place. Impressionnant sur pellicule ses personnages autant que le décor où ils évoluent, elle transcende magistralement le temps et l’espace offrant à son récit fabuleux une emprunte à la fois réaliste et magique. Fantastique parabole, le scénario initie un voyage vers l’époque révolue de la servitude qui, pourtant, se voudra anachronique avant de tendre au fantastique en initiant un basculement vers une réalité contemporaine. Une saisissante aventure que la réalisatrice italienne construit autour de la figure centrale de Lazzaro, l’incarnation angélique de la bonté, dont la naïveté, toute humaniste, est paradoxalement garante du bonheur annoncé par le titre autant que d’une chute vertigineuse vers les abimes du genre humain. Ce faisant, loin de simplement dresser un constat fataliste, la cinéaste parvient à remettre en question l’adage selon lequel l’homme serait un loup pour l’homme. Aussi virulente puisse-t-elle être, la fable compte quelque chose de merveilleux qui illumine notre regard.

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Banni de Cannes et lauréat du Lion d’Or à Venise, ROMA aura fait couler beaucoup d’encre. Chroniques de la vie d’une domestique dans une famille blanche de la classe moyenne du Mexique des armes 1970, le temps d’une année, le film semble n’avoir aucun défaut – ce que d’aucuns lui reprocheront. Au fil de plans séquences tous plus mirifiques les uns que les autres, Alfonso Cuaron nous fond à la réalité de son héroïne tout en dépeignant en arrière-fond tant l’effondrement d’une famille dont la figure paternelle se veut fantomatique que la révolution d’une société dont transpire le malêtre. Sensationnel.

  1. ROMA, Alfonso Cuaron

  2. LAZZARO FELICE, Alice Rorhwacher

  3. PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE, Christophe Honoré

  4. HANNAH, Andrea Pallaoro

  5. DOGMAN, Matteo Garrone

  6. CLIMAX, Gaspar Noe

  7. LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES, Hélène Cantet & Bruno Forzani

  8. THE SISTERS BROTHERS, Jacques Audiard

  9. MEKTOUB MY LOVE – CANTO UNO, Abdellatif Kechiche

  10. MITRA, Jorge Leon

  11. JUSQU’A LA GARDE, Xavier Legrand

  12. WILDLIFE, Paul Dano

  13. BURNING, Lee Chang-Dong

  14. FOXTROT, Samuel Maoz

  15. LEAN ON PETE, Andrew Haigh

  16. ISLE OF DOGS, Wes Anderson

  17. TREE BILLBOARDS OUTISE EBBING, MISSOURI, Martin McDonagh

  18. GIRL, Lukas Dhont

  19. LADY BIRD, Greta Gerwig

  20. HEREDITARY, Ari Aster

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