Zabou Breitman : Entrevue

On 12/11/2010 by Nicolas Gilson

Entrevue avec Zabou Breitman lors de sa venue au 25 ème Festival International du Film Francophone de Namur pour la présentation en compétition officielle de son film NO ET MOI. Cette interview a été réalisée pour Le Quotidien du FIFF

Rencontrer Zabou Breitman, c’est rencontrer un sourire. Le dialogue s’instaure de lui-même. Elle est décontractée, chaleureuse. Elle parle de son film avec amour. La rencontre du sujet d’abord : de la réception du roman de Delphine De Vignan, qui lui a été envoyé par Epithète Production, à la lecture décisive du quatrième de couverture. Son regard pétille lorsqu’elle avoue être alors tombée amoureuse de Lou, de No, de Lucas, de l’histoire extrêmement forte et humaine d’une petite fille décalée.

Rencontrer la réalisatrice, c’est aussi l’occasion d’évoquer avec elle Julie- Marie Parmentier et la complicité qui a pris vie sur le plateau…

Zabou Breitman © FIFF EZ

 

Le personnage de « No » est criant de vérité.

Julie-Marie Parmentier est elle-même allée dans des foyers pour écouter comment les jeunes filles parlaient, pour voir comment elles se comportaient. Elle a dormi là-bas. Ce qu’elle raconte dans une série de scènes-improvisées, c’est ce qu’elle a vécu là-bas.

Les scènes entre différents adolescents – No, Lou mais aussi Lucas – sont d’une justesse admirable. S’agit-il là aussi d’improvisation ?

Dans les scènes avec Nina Rodriguez et Antonin (Antonin Chalon, le fils de Zabou Breitman), tout est écrit mais beaucoup, beaucoup travaillé.

Pourtant le travail ne se sent absolument pas.

Dans leurs scènes d’interaction, on est en permanence dans la sensation. Il y a beaucoup de scènes qui ont été travaillées, répétées, pendant trois jours. Mais il y avait – il y a – une énorme complicité entre les trois. Ils s’adoraient. Julie-Marie et Nina, elles s’adoraient. Nina était très, très admirative : Julie-Marie n’a pas 18 ans mais 28. Ca change les choses. Ca veut dire qu’elle était capable aussi d’assumer ce rôle. Et elle était mon bras droit de mise en scène. Sans Julie-Marie on n’aurait pas eu tout ce qu’a fait Nina qui parfois oubliait la caméra. Julie-Marie était là pour Nina. C’était super !

A chaque apparition au cinéma, elle est simplement stupéfiante.

Julie-Marie est incroyable. Incroyable. C’est un caméléon. Avec Nina et Antonin, on est allé la voir au théâtre dans « La Petite Catherine de Heilbronn » de Heindrich Von Kleist où elle joue une jeune fille amoureuse… Et là elle nous parle comme un chartier. Et elle est très très surprenante… Dans la vie, Julie-Marie n’a rien à voir avec ce qu’elle joue. On se demande où elle va chercher ça. Et puis, elle a une énorme générosité de jeu. Parce qu’elle donnait beaucoup, beaucoup, beaucoup à Nina.

Elle est toutefois très rare au cinéma.

Elle va l’être un peu moins à mon avis. Elle est démente ; moi je ne sais pas d’où ça sort. On était tous scotchés.

On l’a découverte avec des rôles forts, notamment LES BLESSURES ASSASSINES et LA VILLE EST TRANQUILLE. Pourtant, on a vraiment l’impression de la découvrir pour la première fois à chaque apparition…

Julie-Marie, c’est une merveille. Depuis trois ans, j’ai pour directrice de casting Juliette
Denis, qui est la fille de Jean-Pierre Denis (réalisateur du film LES BLESSURES ASSASSINES). Et Jean-Pierre a dit à sa fille « Dis-lui à Zabou que tu peux y aller avec Julie-Marie : c’est du velours ! » Et c’est vrai, Julie-Marie, c’est quelqu’un : Vous lui demandez quelques chose, elle est là. Elle travaille comme une dingue. C’est une bosseuse. Et puis alors, l’air de rien. Je suis triste qu’elle ne soit pas là aujourd’hui. Elle répète à la Comédie Française. Elle est prise à la Comédie Française quand même ! Julie-Marie, elle va pas s’arrêter là.

Comment Julie-Marie et Nina ont-elles vécu la découverte du film ?

À la projection de la première, elles étaient super ! Elles avaient tellement le trac … Elle
se sont assises l’une à côté de l’autre et elles se sont tenues les mains pendant toute la projection. Elles s’adorent.

Votre fils tient le rôle de Lucas dans le film. Comment gérez-vous cette double casquette de mère et de réalisatrice ?

Je ne suis que réalisatrice quand je dirige mon fils. C’est juste que ça va très vite parce que je le connais. C’est très simple. C’est même assez super.

No et Moi

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