Critique : Wuthering Heights

On 21/04/2012 by Nicolas Gilson

Après le sublime FISH TANK, Andrea Arnold s’attaque à l’adaptation d’un classique signé Emily Brontë, « Les Hauts de Hurlevent », et le film déçoit irrémédiablement. Malgré une photographie privilégiant les sensations, WUTHERING HEIGHTS nous laisse de marbre. Désolant.

Wuthering Heights

Le scénario met en scène la relation entre Heathcliff et les membres de la famille Earnshaw dont le père le recueille. Considéré par celui-ci comme son fils, Heathcliff entretient une relation complice avec sa soeur adoptive Catherine qui se meut peu à peu en fascination et en amour mutuels. Mais les origines de Heathcliff conduisent le fils ainé de la famille à le rejeter à la mort du père et à le considérer comme un vulgaire animal… Deux axes temporels sont développés avec d’une part l’enfance de Heathcliff chez les Earnshaw et d’autre part son retour quelques années plus tard. Deux axes eux-mêmes emplis d’ellipses qui permettent de mettre en scène des sentiments passionnels et destructeurs qui malheureusement nous plongent dans un profond ennui ; dans une position dubitative dépourvue du moindre ressenti.

D’emblée nous sommes confrontés aux impressions d’enfermement et de lutte en découvrant, en ouverture, le personnage de Heathcliff qui se débat dans un espace clos. Des impressions qui conditionnent notre regard qui tantôt épouse celui de Heathcliff, tantôt épouse ceux qui sont porté sur lui par les autres protagonistes ou par la réalisatrice – à l’instar de très gros plans sur des éléments corporels tels que la peau ou les cheveux. Lorsque s’ouvre le film, Heathcliff est doublement le centre d’attention : à la fois objet regardé et personnage observant. Une centralité qui s’effrite ensuite indéniablement à cause d’une démultiplication des points de vue qui conduit alors à une réelle distanciation.

Ancrée par ce schéma scénaristique, cette mise à distance est également renforcée par les nombreuses confusions dues aux ellipses narratives et à l’absence de toute ritualité. WUTHERING HEIGHTS présente une galerie de personnages comme autant de portraits impressionnistes qui s’avèrent cependant superficiels à force de brouillamini.

L’approche esthétique a beau favoriser les sensations, notamment avec la dynamique de cadrage ou encore l’absence de renfort musical, elle ne parvient pas à contrer cette paradoxale mise à distance qui s’avère, in fine, dévastatrice.

Wuthering Heights

WUTHERING HEIGHTS

Réalisation : Andrea ARNOLD
UK – 2011 – 128 min
Distribution : Cinéart
Drame

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