Warm Bodies

On 21/03/2013 by Nicolas Gilson

A défaut d’être savoureux, WARM BODIES réalisé par Janathan Levine est étonnamment digeste. Nouvelle adaptation d’un roman pour adolescents*, le film met en scène une romance aussi évidente que dénuée d’intérêt entre une jeune fille et un zombie. Un nouveau genre est donc revisité sous l’angle le plus fade de la comédie romantique.

Warm Bodies

Zombie ayant perdu la mémoire à cause de son état, R ère dans un aéroport abandonné. Incapable de penser et de communiquer autrement que par des grognements, il adresse néanmoins par le biais d’une voix-over le fruit de ses réflexions aux spectateurs – bien crédules. Ainsi le film s’amorce sur son point de vue face à une situation absconse dans une futur catastrophique – il assoit ainsi une « logique » qui n’aura cesse d’être ensuite mise à mal. Lorsqu’il se rend en ville, avec d’autres, afin de se nourrir de chaire fraiche, alors qu’il dévore le cerveau d’un jeune homme dont il intègre les souvenirs, il tombe sous le charme de la petite amie de celui-ci, Julie. Sans comprendre pourquoi, il lui sauve la vie et la ramène à l’aéroport où il la cache dans l’avion où il trouve refuge et range ses trésors – car R est un curieux collectionneur, par ailleurs amateur de musique, en somme un zombie extraordinaire puisqu’il fait des choses que son état ne lui permet pas.

Les incohérences tant narratives que de mises en scène sont plus que nombreuses. Mais à mesure que le film se développe et qu’une improbable couche de sirop recouvre le moindre élément – ah cet amour salvateur de l’humanité – quelques références et clins d’oeil prennent place… Ainsi l’amour entre R et Julie se chante telle une sérénade avec pour décor un balcon (le vice ou le ridicule est alors d’appréhender le film comme « inspiré » de Shakespeare – c’est là la prétention, toutefois légitime, de l’auteur) et les protagonistes s’amusent par exemple de la musique de PRETTY WOMAN. Bien cela ne sauve pas l’ensemble, ces appuis assumés rendent le film ponctuellement drôle en créant une mise à distance.

Cependant celle-ci apparaît plus résulter de la gaucherie de la mise en scène – ou son caractère brouillon, c’est selon – et de la platitude de l’écriture que de la volonté du réalisateur. Ce dernier fait preuve de nombreux appuis et s’essaye à un maximum d’effets sans jamais convaincre. Ainsi WARM BODIES est tout à la fois un juke-box musical et esthétique dont la seule harmonie tient au final du ridicule. A noter que la caractère machiste du film est presque désopilant.

*Un roman d’Isaac Marion au titre éponyme en anglais traduit en « Vivants » pour l’édition francophone.

Warm Bodies - affiche

WARM BODIES

Réalisation : Jonathan LEVINE
USA – 2013 – 98 min
Distribution : Belga
Romance

Warm Bodies - Zombie option romance

Warm Bodies

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