War Horse (Cheval de Guerre)

On 20/01/2012 by Nicolas Gilson

Disney et Steven Spielberg nous convient à la mise en scène d’un récit (adapté du roman de Michael Morpurgo) contant la rencontre et l’histoire d’amour entre un cheval et un jeune homme. Fresque improbable au centre de laquelle un équidé est envoyé à la guerre et gagne le cœur de tous. Fresque consensuelle où les bons sentiments s’imposent comme vainqueurs d’un grossier manichéisme exacerbé.

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La première partie du film est radicalement artificielle et traîne cruellement à mettre en place une série d’enjeux dont le scénario se moque complètement ensuite. Un lente séquence d’introduction qui est tellement pénible qu’elle nous fait regretter la tension et l’action du générique de « La petite maison dans la prairie ». Résumons-nous, un jeune homme aime un cheval ; un cheval aime un jeune homme.

Maintenant le cheval peut être vendu, envoyé à la guerre et le film commencer. Composé de longues séquences dont de nombreuses auraient pu être supprimées – car 147 minutes de jérémiade, c’est long – WAR HORSE compose un tableau simpliste de la Grande Guerre où seules les scènes de tranchées valent la peine.

Maintenant la complexification du scénario peut, montre en main, prendre 20 minutes à être expliquée. C’est sympathique pour meubler la conversation – avis aux amateurs. Mais pour agrémenter la même conversation il y a des éléments bien plus intéressants dans le film qu’un scénario in fine cousu de fils blancs puisqu’il s’agit d’une caricaturale romance – le jeune homme et le cheval vont-ils se retrouver ? Citons la mise en scène artificielle, les renforts musicaux incessant et dictatoriaux, les fondus enchaînés (heureusement synonymes d’ellipses que nous aurions aimé plus nombreuses), le surjeu (l’absence totale de finesse et de réalisme) ou encore les accents des différents interprètes (par exemple les rôles de jeunes allemands sont joués par des anglais à la diction parfaite).

Autre élément source de dialogue possible le puritanisme général qui enrobe le film. Ainsi si l’on peut y fusiller des gens, il est important de ne pas voir l’impact des balles. WAR HORSE s’impose comme mielleux, superficiel et pudibond.

Le cheval de Spielberg et de Disney est bien commun et d’une pauvreté cinématographique affligeante face à une autre cheval, celui de Béla Tarr (THE TURIN HORSE) qui, pour une même durée, est loin d’être épuisant et magnifie l’art que peut être le cinéma.

WAR HORSE
CHEVAL DE GUERRE

Réalisation : Steven SPIELBERG
USA – 2011 – 147 min
Distribution : Disney
Drame / Aventure / Comédie Romantique

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