Critique : Vicky Cristina Barcelona

On 22/10/2008 by Nicolas Gilson

Vicky et Cristina se rendent à Barcelone où elles vont passer l’été. Pourtant meilleures amies, elles possèdent des caractères opposés. Si la première se veut rationnelle et rangée, la seconde est purement impulsive. Cette différence s’ancre d’ailleurs principalement autour de l’hypothèse amoureuse. Pourtant toutes deux vont succomber aux charmes d’un artiste catalan…

DE LA DEMONSTRATION NARRATIVE

Comment ne pas être dubitatif à la vision de VICKY CRISTINA BARCELONA ? Une introduction chaleureuse – au travers d’un recours musical esquissant une atmosphère purement hispanique combiné à une voix-over engendrant une logique de récit – met efficacement en place les éléments servant de base à la démonstration qui va nous être livrée de la déraison amoureuse.

Deux jeunes femmes sont posées en archétypes opposés : nous voilà de but en blanc face à un garant de la logique comique. Le film s’ouvre à peine que déjà nous savons qu’un homme va remettre cette définition en question. Nous nous réjouissons du croustillant d’un ménage à trois improbable lorsque l’archétype masculin entre en scène : un artiste peintre ayant vécu une folle passion au point de chercher à s’entre-tuer avec celle qui fut son épouse.

Une efficacité d’un montage fluide qui nous convainc de la gestion du réalisateur quant à l’hypothèse même du récit filmique. Des choix de cadrage, et de travail sur la matière filmique attestant d’une maîtrise parfaite, soignée et intelligente du langage cinématographique.

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VICKY CRISTINA BARCELONA est un film bien écrit, bien joué, savamment mis en scène… mais nous confrontant à un sentiment étrange, celui de ne pas savoir si nous l’apprécions ou non. Ce sentiment partagé et interrogatif. Ce “mais“ que nous redoutons souvent et dont nous ne percevons pas la raison.

Ce ne sont pas les erreurs manifestes quand à l’identité catalane – dont la langue et la volonté d’indépendance sont oubliées malgré un personnage travaillant à un thèse sur le sujet, ni les éléments troubles devenant de pures détails quand à la trame narrative qui nous ennuient. Ce ne sont pas non plus les effets dont fait preuve le réalisateur, renvoyant ainsi à une histoire du cinéma, dont l’esquisse trop appuyée a déjà nui auparavant, qui nous chipotent. Alors pourquoi rester dubitatif si nous acceptons la logique de la narration ?

Sans être gentil VICKY CRISTINA BARCELONA s’avère être un film bien propret. Etrange sans doute car la thématique de la quête amoureuse, qui en est le moteur, nous confronte pourtant à un ménage à trois, à de la passion destructrice, à un lesbianisme presque fantasmé, à de la tromperie… bref nous fait voyager dans la vision du sujet que nous pensons celle du réalisateur.

Woody Allen nous offre en fait un divertissement étrangement lisse. Il ne nous propose pas d’entrer dans l’univers de ses personnages, ni même de sa vision très américaine de Barcelone car il nous met face à une pure démonstration narrative. Sans doute regrettons-nous alors qu’il n’ai pas poussé le jeu assez loin en intervenant lui-même au travers de la voix-over.

VICKY CRISTINA BARCELONA
♥♥
Réalisation : Woody Allen
USA / Espagne – 2007 – 97 min
Distribution : Cinéart
Comédie romantique
Enfants admis

Vicky Cristina Barcelona

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