#Venezia72 : Le Collège de la Biennale – Cinéma

On 25/08/2015 by Nicolas Gilson

Actif dans les domaines de la danse, du théâtre et de la musique, le Collège de la Biennale s’est également tourné vers le 7 ème art et en est aujourd’hui à sa 4 ème édition. Les trois productions nées en son sein en 2015 font cette année encore partie de la sélection officielle de la Mostra del Cinema. Coup de projecteur sur un projet ambitieux et sur ces réalisations à « micro-budget ».

Biennale College Cinema

Afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents, le Collège de la Biennale leur permet de travailler avec des professionnels établis afin de développer leurs créations. Un projet d’importance cruciale pour les organisateurs de la Biennale qui y voient une revitalisation de la section cinéma et offre une nouvelle configuration : tourné vers le développement et la production, cet atelier se veut en effet permanent et prend place avant, pendant et après le festival. Ouvert à un maximum de 12 équipes de réalisateurs et de producteurs, cet atelier se fixe comme défi de mener annuellement à terme 3 projets présentés lors de la Mostra et, depuis 2014, accessibles en ligne grâce à Sala Web (pendant « online » de l’événement).

Les activités proposées couvrent tout le spectre de la production cinématographique : conception, développement, production, marketing, engagement du public, vente ou encore distribution du film. Au-delà, l’initiative a le mérite d’offrir, en plus de la formation et du financement, un première mondiale garante d’une visibilité à l’international. Alors que la notion de micro-budget (150.000 euros) répond de plus en plus à la réalité économique de la production cinématographique, les trois premières éditions ont remporté un vif succès avec plus de 900 candidatures. Le dernier appel, organisé pour la quatrième année consécutive, s’est clôturé en juillet dernier et la sélection sera annoncée dans les jours à venir, durant le festival.

Un programme en trois phases

Le Collège de la Biennale accueille un maximum de 12 « équipes » couplant un réalisateur à un producteur. Durant 10 jours, elles travailleront avec des experts et des tuteurs au développement de leur projet. Il s’agit alors d’explorer l’esthétique du micro-budget et les nouveaux modèles de production en évoquant d’entrée de jeu le public. Cette première étape permet notamment d’envisager le potentiel de chaque projet. Ce premier atelier qui dure 10 jours se tient en octobre. L’expertise tend à développer le scénario et la production. Un budget est fixé rapidement afin de concentrer l’attention des participants sur la faisabilité du projet. Après cet atelier, ponctué de rencontre avec des partenaires potentiels, les participants disposent de 3 semaines pour livrer une première version du scénario et les documents de production requis. Sur cette base jusqu’à 3 projets sont retenus en novembre pour le deuxième atelier et sont alors susceptibles de recevoir un financement de 150.000 euros.

Les équipes sélectionnées sont invitées à participer à un atelier d’écriture au début du mois de décembre. Intégrés au processus d’écriture, les producteurs continuent à travailler aux aspects de la production en tant que telle. Une version finalisée du scénario et le dossier de production sont ensuite soumis à la Biennale au début du mois de janvier.

La troisième phase du programme est alors consacrée à la pré-production des projets. Les participants ont un « tuteur » dédié et, avec un éventail de professionnels, travaillent à tous les aspects du film en préparation avant que ne prenne place sa production en tant que telle. Après la signature d’un contrat avec la Biennale, un calendrier de paiements est mis en place. La mise en production du film peut prendre place et se double de la conception d’une campagne marketing – envisageant des stratégies nationales et internationales. Les équipes, qui restent en contact avec le Collège, doivent pouvoir présenter un film achevé – ou pratiquement – au début du mois de juillet au directeur artistique de la Mostra – avant une exportation définitive à la fin du mois d’août.

Le cru 2014-2015

Après l’Italie (SHORT SKIN de Duccio Chiarini), le Royaume-Uni (BLOOD CELLS, Joseph Bull & Luke Seomore), l’Argentine et les USA (H. de Rania Attieh & Daniel Garcia), les trois titres à découvrir lors de la 72 ème Mostra de Venise viennent de Pologne (BABY BUMP), du Japon (BLANKA) et des USA (THE FITS). Tous font partie du programme online du festival proposé par la Biennale en collaboration avec la plateforme professionnelle Festival Scope.

  • BABY BUMP – Kuba Czekaj – Pologne – 2015 – 85 min

Baby Bump - posterA 11 ans, Mickey House n’est plus un enfant. Mais qui est-il ? Lui-même l’ignore. Sans ami, il ne comprend pas sa mère et il déteste ce qui se passe avec son corps… Réalité et imagination se confondent bientôt en un mélange toxique tandis que les événements prennent une tournure extrême. Mickey doit trouver en lui la force de mettre un terme là où tout a commencé… Où donc l’emportera sa rencontre avec son corps en pleine révolution ?  Grandir… ce n’est pas pour les enfants !

Né à Wroclaw en 1984, Kuba Czekaj a étudié la réalisation à l’Université de Silesia à Katowice dont il a été diplômé en 2010 avant de suivre un Master à l’école Andrzej Wajda à Varsovie en 2011. Il a déjà scénarisé et réalisé deux court-métrages (DON’T BE AFRAID OF THE DARK ROOM et TWIST & BLLOD). BABY PUMP est son premier long-métrage.

  • BLANKA – Honki Hasei – Japon – 2015 – 75 min

Blanka - posterBlanka qui est âgée de 11 ans subvient à ses propres besoin en mendiant et en volant dans les rue de Manille. Un jour, elle a l’idée absurde que si elle parvenait à acheter une mère, elle aurait une meilleure vie. Mais pourrait-elle seulement réunir le montant nécessaire ? Sa rencontre avec Peter, un musicien aveugle âgé de 55 ans, se dessine comme l’opportunité d’y parvenir : il lui apprend à chanter ce qui lui permet d gagner de l’argent. Toutefois, inquiet pour l’avenir de l’enfant, Peter décide de confier Blanka à un orphelinat. Quand elle le découvre, Blanka s’enfuit…

Installé à Tokyo au début des années 1990, Kohki Hasei y est actif dans le milieu artistique indépendant. En 2001, il signe son premier documentaire, W/O, qui sera notamment présenté à Rotterdam. Réalisateur de clip musicaux et de vidéos de mode, il revient au documentaire en 2007 avec GODOG qui s’intéresse à la vie d’une décharge de Manille. BLANKA est son premier long-métrage de fiction.

  • THE FITS – Anne Rose Holmer – USA – 2015 – 71 min

The Fits - posterToni, un garçon manqué de treize ans, doit affronter ses propres démons pour s’intégrer dans un groupe de danse uniquement composé de jeunes filles. C’est le temps des premières amitiés. Mais peu après l’arrivée de Toni, certaines filles de l’équipe souffrent d’épisodes d’évanouissements et de spasmes incontrôlables. Un épidémie que personne ne peut expliquer. Des crises qui se transforment en un rite de passage… Jusqu’où Toni est-elle prête à aller ?

Réalisatrice, productrice et aussi cadreuse, Anna Rose Holmer est active dans le cinéma de fiction, le documentaire, l’expérimental et la publicité. THE FITS marque ses débuts comme réalisatrice de fiction.

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