Critique : Valentin Valentin

On 13/01/2015 by Nicolas Gilson

Adaptation catastrophique de « La Maison du Lys Tigré » de Ruth Rendell, VALENTIN VALENTIN est une cruelle expérience. Pascal Thomas signe un navet indigeste au plus proche du ridicule. Malgré la finesse des dialogues et un casting enthousiaste, l’ensemble manque de rythme, de tenue, de corps ou simplement de l’acuité du réalisateur.

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Lorsque le film s’ouvre, Valentin n’est plus. Son corps git sous le petit pont du parc qui jouxte le paisible quartier où il vient de s’installer. L’un de ses voisins s’interroge sur cette fin tragique évoquant bientôt l’emménagement qui semble avoir été un nouveau départ dans sa vie et marque celui de la narration.

Aimé de tous – et surtout de toutes – Valentin vit dans un petit immeuble où se croisent des étudiantes, une vieille alcoolique, un musicien, une thérapeute mais aussi la concierge et son mari. Tout ce petit monde est observé par le voisin d’en face – un témoin particulier puisque c’est, dans un premier temps, à lui que reviennent les honneurs d’une voix-over platement contextualisante et gauchement récitative – tandis que Valentin, lui, observe une jeune fille chinoise qui vit dans une maison aux volets fermés.

Une éprouvante radiographie de la vie des uns et des autres prend place comme autant de petites scénettes de boulevard. L’écriture de chaque séquence est âprement palpable. Le sens de la construction fait défaut. Pourquoi ouvrir le film sur cette voix-over et démultiplier ensuite une les lignes narratives bancalement développées (lorsqu’elles le sont) et platement juxtaposées ? Ne parvenant jamais à nous fondre au point de vue du moindre protagonistes, Pascal Thomas n’impose pas plus le sien. Dès lors le petit théâtre qu’il met en scène épuise sans jamais passionner au point qu’on en oublie complètement ce qui, pourtant, est censé maintenir notre attention à vif : le décès du principal protagoniste.

A une écriture sinueuse répond une approche esthétique des plus affectée voire artificielle. Un jeu amusant lorsque le film tire proprement au marivaudage (Valentin a pour maîtresse une femme mariée) mais assommant dans sa majorité. Si Pascal Thomas met en place une certaine distanciation, celle-ci est tellement palpable que sa direction d’acteur semble en souffrir. Plus encore, alors que les dialogues sont affutés, quand nous avons la chance de les entendre, ils ne cessent de tomber à plat.

Au-delà, l’approche devient franchement brouillonne lorsque le réalisateur s’amuse au montage en accélérant certaines scènes, en exacerbant un hypothétique ressenti ou en esquissant sans logique un climat plus ombrageux. Relevons encore la musique le plus souvent assommante qui est tellement présente qu’elle ne parvient plus à remplir ni sa fonction d’enrobage ni celle de parenthèses au coeur de la narration – autant de digression « artistique » où le réalisateur sublime sa fille, Victoria Lafaurie dont la voix est gracieuse.

Valentin Valentin

VALENTIN VALENTIN

Réalisation : Pascal Thomas
France – 2014 – 106 min
Distribution : Victory Productions
Comédie dramatique

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