Upside Down

On 01/05/2013 by Nicolas Gilson

Romance fantasque plus que fantastique romance, UPSIDE DOWN est un divertissement affecté qui repose sur un scénario manichéen dépourvu de logique autre que démonstrative. Tout à la fois grandiose et grotesque, maîtrisée et (trop) artificielle, la réalisation de Juan Solanas séduit et effraie sans convaincre. Mais Jim Sturgess et Kirsten Dunst sont à l’affiche…

Upside Down

« Et si l’amour était plus fort que la gravité ? »

Deux planètes aux gravités opposées partagent une même atmosphère, l’évolution a conduit chacune d’entre elles à des réalités elles aussi opposées : le monde d’en-haut est ainsi schématiquement prospère tandis que celui d’en-bas se consume. Au coeur de cet univers manichéen, dans les hauteurs de leur planète respective, Adam (du monde d’en-bas) et Eden (du monde d’en-haut) se rencontrent et, amoureux, défient les lois de la gravité.

Celles-ci sont expliquées d’entrée de jeu par l’intervention en voix-over du protagoniste que nous rencontrons ensuite – et qu’importent que malgré leur simplicité elles s’avèrent inintelligibles tant les renforts musicaux essayent déjà une pure mise en condition. Orphelin, Adam passe chaque week-end chez sa tante qui maîtrise des recettes lui permettant de confectionner des plats à base de pollen rose récolté par les abeilles sur les deux planètes. Chaque semaine il s’aventure dans la forêt où il retrouve Eden afin, au fil des ans, de roucouler en se jouant de la gravité. Un jour cependant leur petit bonheur s’effondre et ils sont séparés. Des années plus tard, Adam découvre qu’Eden travaille pour l’entreprise prospère qui a ruiné sa planète. Il s’y fait engagé dans le but de retrouver celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.

Plus que mielleuse, la romance mise en scène se veut simpliste et absolue. Son originalité tient de sa contextualisation dans un univers régit par une dichotomie elle-même simpliste et absolue au point de paraître caricaturale. La ligne narrative, au fil de son développement, s’émancipe des contraintes mises en place à l’instar du caractère ultra-sécurisé des espaces où évoluent les protagonistes si bien que le scénario n’a pour seule logique que la puissance de l’amour (ré)unissant Adam et Eden. Soyons donc aveugles.

Cet état permet de découvrir avec excitation un univers futuriste rappelant étrangement le nôtre sans se soucier du jeu de contrastes pour le moins appuyé. Cela permet aussi de s’extasier sur les nombreux effets de trucages en ne constatant aucunement le caractère artificiel d’un film dont la seule constance pourrait apparaître comme le fond vert devant lequel les comédiens ont évolué. Guidés par nos oreilles qui vibrent à force de notes atmosphériques, nos sens peuvent alors se fondre à l’émoi qui emporte Adam et surprend Eden. Englués dans un sirop épais nous faisons alors corps avec les protagonistes au point d’entrer en communion avec eux et de comprendre que derrière un baiser se cache les graines d’un monde meilleurs.

Aveugles, nous sommes Adam et Eden, Jim Sturgess et Kirsten Dunst, nous sommes l’un, nous sommes l’autre, nous sommes l’un et l’autre emportés par des sentiments exacerbés incommensurablement. Aveugles. Sinon seules la qualité du jeu de perspective au sein de la photographie et la conviction de l’interprétation de Jim Sturgess, Kirsten Dunst et Timothy Spall valent le détour.

Upside Down

UPSIDE DOWN
•/♥
Réalisation : Juan SOLANAS
France / Canada – 2013 – 104 min
Distribution : Belga Films
Romance / fantastique

Upside down

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