Unmade Beds (London Nights)

On 11/05/2010 by Nicolas Gilson

UNMADE BEDS invite le spectateur à se fondre à un univers singulier : celui à la fois musical et sensationnel de quelques protagonistes en quête d’eux-mêmes. Alexis Dos Santos met en scène brillamment un chassé-croisé narratif au sein duquel l’individu est au premier plan. De la sincérité de l’écriture transparaît une irradiante respiration. Celle-ci est renforcée par la pertinence de la photographie et l’habilité du montage, qui combinées à la dimension musicale du film le rendent éblouissant.

Le film s’ouvre sur une double dynamique d’intertitre et de voix-over. Un premier protagoniste semble s’adresser au spectateur. Il atteste d’une mise à nu certaine. Sans jamais sombrer dans le pathos, il entremêle en quelques mots les dimensions temporelles et confronte le spectateur à une hypothèse de l’errance. La musique tient déjà un rôle central : d’emblée elle définit le protagoniste, Axl. L’image est trouble, en mouvement. Elle répond à la l’individualité d’Axl. Le spectateur est au plus près de ses sensations, de ses perceptions et de son ressenti. Le montage n’y est pas étranger.

Une première confrontation a eu lieu et pose les bases-mêmes du film. L’esthétique voulue par le réalisateur enivre le spectateur, l’impressionne au sens photographique : Axl existe non en tant que personnage mais en tant qu’individu. Rapidement la logique du chassé-croisé se met en place ; à peine le spectateur a-t-il découvert Axl qu’il est amené à rencontrer Véra – troublante Déborah François. Sa fragilité envahit l’écran : avant que le moindre mot ne soit formulé, la douleur qui l’anime alors est palpable. Selon une même logique d’intertitre et de voix-over, le jeune-fille se dévoile. L’errance s’impose et pourtant une impression enivrante de légèreté séduit. Les gestes des protagonistes revêtent une folle importance. La singularité d’Axl et de Véra est irradiante. Leurs parcours parallèles prennent alors place ; chroniques d’une certaine jeunesse, d’un désarroi identitaire.

La captation filmique épouse leurs gestes et illustre leurs états d’âmes. Le montage, qui se module en fonction de la personnalité des protagonistes, invite le spectateur à se fondre à leur ressenti. UNMADE BEDS en devient sensationnel. La musique renforce cela : à la fois intra et extradiégétique, elle est indissociable des parcours initiés par Axl et Véra. Certes, elle conduit ponctuellement à réprouver une esthétisation trop marquée ; mais jamais celle-ci n’est vaine. Une belle expérience.

UNMADE BEDS
***
Réalisation : Alexis DOS SANTOS
Angleterre – 2009 – 95 min
Distribution : Cinéart
Comédie dramatique
EA

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