Une rencontre

On 23/04/2014 by Nicolas Gilson

Proprement horripilant UNE RENCONTRE de Liza Azuelos fâche plus qu’il n’agace. Démultipliant sans la moindre cohérence les effets visuels et n’évitant aucun cliché, la réalisatrice signe une véritable purge d’autant plus ridicule qu’elle semble pleine de prétention.

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Un soir, Elsa (Sophie Marceau) rencontre Pierre (François Cluzet). Elle est célibataire, il est marié. Ils se plaisent. Il s’attirent. Mais Elsa a un interdit : les hommes en couple. Le hasard les réunit, la passion les enivrent mais il refusent d’y céder…

Après LOL, Liza Azuelos retrouve Sophie Marceau à qui elle offre un rôle de mère célibataire, écrivaine à succès qui aborde la quarantaine en femme libérée. Elsa croque la vie à pleine dents. Trop « cool » et ouverte, elle s’envoie en l’air avec un auteur à peine pubère dont, forte, elle ne s’amourache pas. Et l’amour, elle semble savoir ce que c’est puisqu’elle publie un roman au titre (trop) évocateur de « Quantum Love ».

Les probabilités amoureuses, Liza Azuelos les conçoit à la pelle et les balances à coups de truelle. Sur la base d’une rencontre, elle construit une passion qui dévore peu à peu ses deux protagonistes qui, l’un et l’autre, projettent une multitude de possibilités. Ainsi elle ballotte le spectateurs d’aventure en aventure au fil d’une ligne narrative d’une banalité éprouvante jusqu’à un ultime rebondissement qui, loin de surprendre, épuise.

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Si nombre de comédies romantiques reposent sur des caractérisations quasi simiesques des protagonistes, la réalisatrice se prête sans détour à l’exercice transformant le moindre rôle en pure caricature. Elle pourrait tourner cela à la dérision, il n’en n’est rien. Plus encore elle semble prendre un malin plaisir à resucer l’ancrage dans la réalité contemporaine et la captation des codes d’une nouvelle génération qui faisaient l’intérêt de LOL sans jamais tendre au moindre volume. Pense-t-elle composer son nanar avec originalité – merci l’effet de perte de flux du streaming – qu’elle s’avère désespérante. Sans compter qu’elle se dédouane, au cas où, par un faux fuyant dont la balourdise est assommante en faisant dire à son protagoniste masculin qu’il a toujours aimé les clichés. Mais bon, chez Liza Azuelos la Tour Eiffel scintille et on renvoie à Shakespeare.

LOL séduisait par sa simplicité. UNE RENCONTRE apparaît comme inénarrable curriculum vitae d’une boîte spécialisée dans les effets spéciaux. La réalisatrice tend ainsi à la pure esthétisation. Mais sans cohérence et sans talent – un temps kitsch l’ensemble est purement pathétique – cela donne une succession de clips musicaux et de séquences publicitaires. Liza Azuelos démultiplie les effets pour son plus grand plaisir provoquant dès lors notre effroi. Sophie Marceau – qui n’a rien à défendre – traverse ainsi les placards pour se rendre en boîte de nuit, se fait pleuvoir dessus lorsque c’est pas drôle et cambre le pied pour parader en Louboutin. Des filtres de-ci, de-là pour composer une lumière des plus artificielle, un effet photo et une multitudes de renforts musicaux (dont certains étrangement systématiques) servent sa dithyrambique démonstration des possibles. So happy together ? Non, affligeant.

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UNE RENCONTRE

Réalisation : Liza Azuelos
France – 2014 – 82 min
Distribution : Alternative
Comédie romantique

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