Critique : Une Famille à louer

On 19/08/2015 by Nicolas Gilson

Marquant le retour à la comédie de Jean-Pierre Améris, UNE FAMILLE A LOUER n’a ni la grâce ni l’intelligence des EMOTIFS ANONYMES. Les retrouvailles avec Benoît Poelvoorde d’un réalisateur que l’on a connu plus inspiré laissent franchement de marbre tant la platitude et la grossièreté du scénario ont raison de la nôtre. Assommant.

« On a quoi si on n’a pas de famille ? Rien. Rien. »

Paul-André (Benoît Poelvoorde) a-t-il fait fortune qu’il n’en est pas moins solitaire et dépressif. Lorsqu’il aperçoit Violette (Virginie Effira) à la télévision tenir un discours envolé sur la famille, c’est la révélation : c’est de cela dont il a besoin. Il lui propose d’éponger ses dettes, de lui garantir de ne pas perdre la garde de ses enfants et un an de salaire en échange d’une vie familiale, à l’essai. Violette accepte, sous contrat, à al condition que ses enfants ne soient pas mis au courant du subterfuge.

une famille à louer, l'assomeuse

Déjà l’introduction du récit a de quoi laisser dubitatif. A la découverte gentiment stylisée de Paul-André et de sa lassitude, répond celle simiesque quoique énergique de Violette qui vole un poulet dans un supermarché pour nourrir ses enfants. Deux mondes caricaturaux qui se rencontrent par le biais d’un petit écran qui n’a rien de crédible, lorsque Violette surnommée « l’assommeuse » explique son geste – un surnom de plus judicieux ceci dit. Une couleuvre nécessaire à avaler pour accepter la stupidité générale qui déjà s’impose. Balourdise et artificialité se fondent en un mouvement grotesque au rythme d’ une mise en scène affectée et impersonnelle imposée par une écriture au trait trop épais (ou diablement pas assez) et farouchement superficielle.

« Le mieux, c’est qu’on arrête tout, tout de suite. »

Si la caractérisation du personnage de Pierre-André et de son major d’homme est efficace, celle de Violette et de sa famille est des plus risible. Hors sans une base crédible, comment se fondre à l’esprit de la comédie ? Plus qu’une farce, UNE FAMILLE A LOUER se dessine comme une blague entendue mille fois et racontée sans forme. Et que dire de l’inexorable basculement vers une romance qui laisse interdit tant rien ne le justifie… à moins que Jean-Pierre Améris ne cherche à parodier un certain cinéma français romantico-potache.

Les dialogues sont-ils tous plus artificiels les uns que les autres que pas une réplique n’est savoureuse. Malgré un casting alléchant, le réalisateur ne parvient pas à faire mouche. L’ennui devient alors un ennemi cruel guidant notre attention sur les décors dont le manque de réalisme correspond pleinement au manque de personnalité des protagonistes. Une balourdise renforcée sans surprise par un enrobage musical allergisant.

Une famille à louer - affiche

UNE FAMILLE A LOUER

Réalisation : Jean-Pierre améris
France / Belgique – 2015 – 96 min
Distribution : O’Brother
Comédie (romantique)

"Famille à louer" de Jean-Pierre Améris une femille à louer - Pierre-Marie violette

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