Critique : Under the Skin

On 25/06/2014 by Nicolas Gilson

Oeuvre expérimentale de Jonathan Glazer, UNDER THE SKIN offre à Scarlett Johansson le rôle envoutant d’une jeune femme qui à force de séduction dévoile une subjuguante humanité.

L’ouverture du film est proprement hypnotique et en pose le cadre. Le travail visuel concentre notre attention sur un point noir dont les modulations conduisent au-delà de l’espace avant de composer un envoûtant iris. Parallèlement le travail sonore met en place d’entrée de jeu un climat qui attise et amplifie notre curiosité. A cette prime séquence répond un ballet visuel où s’inscrivent les paysages écossais sillonnés par un motard qui, bientôt, semble porter secours à une jeune femme. Le film bascule alors pleinement vers la science-fiction tout en flirtant avec l’expérimentation.

Dédoublée, la femme, dans un espace d’une blancheur infinie, meurt et prend vie en un même mouvement tandis qu’une fourmi s’égare.

Under-the-Skin-Scarlett-Johansson

Nous suivons alors cette jeune femme qui, perdue dans Glasgow, est mue par un besoin de séduction. L’approche est alors des plus réaliste. Jonathan Glazer compose une partition double en observant sa protagoniste tout en nous fondant à son regard. Et à mesure que l’héroïne ensorcelle ses proies, elle se révèle de plus en plus fascinante. Le réalisateur cherche ainsi à nous envoûter avant de dévoiler peu à peu la finalité de l’enchantement – basculant à nouveau dans un registre fantastique.

Accordant un soin particulier au cadrage (voire à la pure composition de l’image), Jonathan Glazer met en place de nombreux éléments narratifs qu’il ne développe toutefois pas. Si cela conduit à bien des frustrations tant il parvient à exciter (vainement?) nos sens, la mise à nu des gestes et des intentions de la jeune femme apparaît être le maître-mot de son approche.

Sans doute est-il nécessaire de quitter toute dimension narrative, de suivre simplement le parcours de l’héroïne qui, au fil des séductions, se dévoile de plus en plus fragile. Qu’importe l’origine ou les raisons de son appétit, il s’agit de faire corps avec elle, d’épouser ses silences et son regard : d’entrer dans une danse singulière, une transe hypnotique et extraordinaire. Alors s’impose comme sublime l’émoi d’une menthe religieuse désespérée par sa propre quête.

under the skin affiche

UNDER THE SKIN
♥♥
Réalisation : Jonathan Glazer
USA/Royaume-Uni – 2013 – 108 min
Distribution : A-Film
Suspens / Expérimental / Science-fiction

under the skin

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