Critique : Unborn

On 18/03/2009 by Nicolas Gilson

«Casey Bell n’a jamais pardonné à sa mère de l’avoir abandonnée enfant. Mais quand des événements inexplicables commencent à se produire autours d’elle, elle comprend petit à petit la raison de cet abandon. Hantée par des cauchemars incessants, et traquée par un fantôme sans merci quand elle ne dort pas, son salut viendra de Sendak, un spécialiste du surnaturel, seul apte à mettre fin à son calvaire.

Avec l’aide de Sendak, Casey découvre l’origine du mal dont est victime sa famille et qui remonte à l’Allemagne nazie – une créature capable d’habiter corps et objets et que chaque possession rend plus fort. Pour survivre à cette malédiction, Casey va devoir aller fermer une porte dans l’au-delà, une porte ouverte par un être qui n’a jamais vu le jour.»

TOUT CA POUR CA …

Tenter de justifier selon une logique réaliste des événements paranormaux qui constituent l’essence même d’un film de genre purement commercial équivaut à ôter à ce film le peu d’intérêt qu’il aurait pu avoir. Ainsi en cherchant à donner à son récit une dimension plausible David Goyer arrive à un effet bien sombre : tomber dans le ridicule narratif.

D’emblée il ancre pourtant un récit démonstratif enrobé d’effets éculés qui donnent au film un cachet direct : une musique despotique qui engendre l’angoisse, un chromatisme particulier au sein duquel le bleu turquoise devient source d’effroi … Un caractère démonstratif qui se retrouve dans une réalisation extrêmement visuelle. En soi rien de bien novateur et pas de réelle prétention si ce n’est celle de «jouer à» propre au genre. La jeune fille, protagoniste principale, se retrouve en petite culotte afin de répondre au besoin pulsionnel de l’amateur de sensations … La logique est simple : faire peur pour stimuler bêtement et simplement l’anxiété et l’effroi chez le spectateur.

Mais Goyer tente de dépasser cela sans y parvenir. Le réalisateur – qui est aussi le scénariste du film – tente de donner aux événements paranormaux un caractère vraisemblable en leur trouvant des justifications diverses … De là des séquences d’explication quasi grotesques, si bien que lorsque l’on replonge dans le fantastique cela ne fonctionne plus. Il conduit en fait le spectateur à sortir de la logique du faux qui le terrifie sans lui permettre de replonger ensuite dedans. Dès lors la succession d’effets qui suit n’apparaît plus même croustillante : le charme a été rompu et l’inintérêt général du film en a raison. D’autant plus que les effets sombrent rapidement dans le ridicule : de l’enfant possédé au monstre improbable tout y passe …

UNBORN

Réalisateur : David GOYER
USA – 2008 – 87 min
Distributeur : Upi
Film d’épouvante/horreur
Enfants non admis

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