Un Heureux Evénement

On 09/09/2011 by Nicolas Gilson

D’une incommensurable mièvrerie, UN HEUREUX EVENEMENT est une gentille « comédie dramatique » qui donne sens à ce terme générique tant le film oscille entre les genres. De séquence en séquence, voire de sketch en sketch, le spectateur est invité à découvrir la confusion qui habite Barbara (Louise Bourgoin) alors qu’elle découvre la « réalité » de la grossesse et de la maternité. Rire et ennui en perspective.

Adapté du roman de Eliette Abecassis (ce qui est mis en scène avec balourdise et une absence radicale d’originalité), si UN HEUREUX EVENEMENT est ponctuellement amusant il s’avère passablement irritant. Au caractère trouble du scénario répondent une mise en scène fade et un casting à la fois désespérant et enchanteur.

La narration est introduite et ponctuée par une voix-over (récitative et monocorde), celle de l’héroïne qui rend ainsi le spectateur complice de son aventure. Un truc scénaristique bien pauvre qui est non seulement dépourvu d’originalité mais qui n’est ici guère séduisant. Volonté de rester proche du ton du roman initial ou caractère misérable de l’adaptation, c’est selon. Quant au récit en tant que tel, tous les clichés sur l’état de grossesse, la découverte de la maternité, le couple et les rapports humains sont au programme. Certaines séquences sont drôles, d’autres sont pénibles. Jamais le film ne repose sur un ton propre, de l’humour (pas assez développé) ou du réalisme (que trop superficiel)… Les genres se nouent plus qu’ils ne s’entremêlent. En un mot : c’est gnangnan.

Au casting, les seconds rôles sont terribles et valent le détour (notamment Josiane Balasko et Nicole Valberg). Par contre les premiers rôles révèlent la pauvreté de la direction d’acteur de Rémi Bezançon sur l’ensemble du film au-delà de séquences cruellement dissociées les unes des autres. La pauvreté de l’écriture trouve ici un écho inévitable : lorsque la caractérisation des protagonistes est superficielle, est-il possible de dépasser cette superficialité ? Si Pio Marmaï reste séduisant, malgré un jeu tantôt réaliste tantôt monstratif, Louise Bourgoin est exaspérante – divine dans certaines scènes, à baffer d’en d’autres, à vomir en voix-over.

Mais le couple d’acteur devient le témoin d’un penchant de plus en plus présent dans le cinéma français commercial. Un penchant qui consiste à mettre en scène des corps qui sont autant de fantasmes. Des corps formatés qui servent à la fois d’appât et de contentement.

UN HEUREUX EVENEMENT

Réalisation : Rémi BEZANCON
France / Belgique – 2011 – 107 min
Distribution : Cinéart
Comédie

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