Un Bonheur N’Arrive Jamais Seul

On 20/06/2012 by Nicolas Gilson

Si vous vous risquez à UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL, vous en découvrirez l’ouverture où le protagoniste principal, Sacha Keller (Gad Elmaleh), se présente en voix-over* et résume en quelques phrases le quotidien qui est le sien : passionné de musique, compositeur pour la publicité, play-boy (la version au féminin du personnage serait qualifiée autrement),… un épicurien allergique aux enfants. Vous serez confronté de manière brouillonne, artificielle et démonstrative à l’esquisse de ce qu’est son quotidien. Et lorsqu’il se rendra dans la boîte de pub pour laquelle il travaille, la balourdise tant de l’écriture que de la mise en scène – si vous en doutiez encore – s’imposera avec force. Et ensuite, lorsque Sacha rencontre Charlotte Posche (Sophie Marceau), avec fracas. Vous pourriez croire au pastiche tant le clichés sont nombreux et la finesse est absente. Mais non : le ton est simplement donné.

Déjà l’enrobage musical, censé vous envouter, est indépassable ; déjà la réalisateur recourt à des gros plans sonores afin d’exacerber votre attention. UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS a beau être assommant, il semble impossible de s’endormir devant. Pourtant les possibilités de laisser votre esprit voyager ailleurs sont nombreuses à l’instar des citations du film CASABLANCA, le film préféré de Sacha et de Charlotte – comme c’est mignon. Peut-être penserez-vous alors qu’il est hardi de s’aventurer à une telle référence…

Tantôt démonstratif, tantôt monstratif, UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL est construit sur le mode de la représentation : vous ne partagerez pas les émotions des protagonistes mais vous les constaterez. De la même manière vous ne découvrirez les protagonistes que dans la caricature qui en est faite. Bien que le scénario semble émancipé de tout ressenti, il vous est toujours possible de construire vos propres sensations si vous laissez ensevelir par le caractère mielleux et bêtifiant ou si vous décidez de plonger dedans la tête la première – une naïveté aussi louable que nécessaire. Si vous êtes allergique aux comédies empruntées et maladroites, aux artifices creux ou encore à une certaine pédanterie dans une mise en scène dépourvue d’originalité** : il vous faudra bien du courage.

*Un truc ensuite oublié.
**Citons tout de même la scène où Maurice Barthélemy est placé devant l’affiche de HAIR et où sa calvitie est surplombée par le titre du film.

UN BONHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL
•/♥
Réalisation : James HUTH
France – 2012 – 110 min
Distribution : Alternative Films
Comédie (romantique)

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