Un Baiser Papillon

On 07/06/2011 by Nicolas Gilson

Nul besoin de tergiverser, ni de méditer la question : UN BAISER PAPILLON est une pure daube, un téléfilm sur grand écran, sans originalité, qui oscille entre monstration et démonstration. Le casting a beau être prestigieux, il est loin d’être renversant. Récit éclaté aux accents choraux, le premier film de Karine Silla aborde de trop nombreux enjeux qui sont tous traités avec une rare superficialité. Et si le développement scénaristique est grossier, la mise en scène est simiesque.

Le film s’ouvre sur une série de cartes postales en mouvement de Paris, dans des nuances jaunâtres, qui se transforment, ça et là, en esquisse. D’emblée un jeu d’effets prend place sans que l’intérêt ne soit ensuite motivé. La musique, déjà, se veut enrobante. Nous survolons la Ville Lumière des bords de Seine à la Tour Eiffel. Bref le décor est planté.

Tentative de photographie d’une galerie de personnages en crise dans une ville elle-même sous le coup de la révolte, l’écriture de UN BAISER PAPILLON passe à côté de l’essentiel : la banalité. Les protagonistes servent un propos et non l’inverse. Tout est surfait et caricaturé. Le film est construit en une succession de tableaux tous plus démonstratif les uns que les autres. Les personnages secondaires vont, viennent et ne reviennent pas : ils servent de passe-plat. Comme tous les protagonistes d’ailleurs.

Dès les premières scène de jeu, la désolation s’impose. La direction d’acteur semble inexistante et les choix esthétiques sont à la fois boîteux et communs. Quant à l’apparente choralité, elle est bancale. Déjà le dialogue résout tout, il place les enjeux et marquent les évolutions. Et si les mots n’apparaissent pas suffisants pour bien nous faire comprendre ce que l’on nous raconte, il suffit de montrer, d’insister visuellement.

Et les appuis sont nombreux. Des séquences entières sont autant de pénitences – surtout celles de révélation appréhendées de manière balourde. Ajoutons les jeux de focale, ceux sur le chromatisme, le contraste entre les mouvements induits par la stedicam et l’imposant découpage ou encore les mouvement circulaires et les effets de ralenti… le tout sans cohérence globale !

UN BAISER PAPILLON

Réalisation : Karine SILLA PEREZ
France – 2010 – 101 min
Distribution : Victory Productions
Comédie dramatique

Interviews : Karine Silla et Vincent Pérez

3 Responses to “Un Baiser Papillon”

  • Magnifique ! Un premier poste très attractif avec Vincent Perez. Un second sur sa femme réalisatrice un peu plus profonde sur le film et, enfin, la critique du film qui d’emblée déclare que c’est une daube.
    Bravo !

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