Twilight : New Moon (Twilight – Chapitre 2 : tentation)

On 17/11/2009 by Nicolas Gilson

Débordant de clichés, à la limite du kitsch voire du ridicule TWILIGHT EPISODE 2 semble s’assumer en tant que pur objet de fantasme destiné à un public de midinette en mal d’amour(ette). Un évident second degré s’impose d’emblée – élément manquant terriblement dans l’adaptation sur grand écran du premier volet de la saga – et s’avère vivifiant – telle l’inscription du titre : un plan de pleine lune se couvrant jusqu’à passer au noir, enrobé d’un renfort musical hilarant, presque théâtral ou du moins ancrant l’idée de représentation. Certes le film ne révolutionne rien, mais il s’impose comme un réel divertissement, substitut des contes de fées en en gardant l’improbable quête : le prince charmant ou l’amour éternel.

Dans le rôle de l’impossible absolu : Robert Pattinson, qui transcende littéralement l’écran en apparaissant à nouveau au ralenti, comme sublimé. C’est qu’il en a fait battre des coeurs dans la premier épisode, et qu’il coupe à nouveau le souffle dans celui-ci … Ou pas ; auquel cas alors rien n’est vraiment digeste tant dans le récit que dans sa mise en scène : si l’on n’adhère pas au caractère «culcul la praline» de l’ensemble, à la trame narrative douce et suave, inexorablement romantique qui veut que rien n’est plus fort et plus important que l’amour, et que l’on ne rit pas de la mise en scène exagérée, appuyée à souhait mieux vaut éviter de s’affliger 121 minutes de film.

Car malgré la confrontation au chemisier ouvert de Kristen Stewart dès la scène d’ouverture du film, l’adresse au public féminin – ou ouvert à la sentimentalité et aux attributs masculins, mais toutefois dans un carcan hétéronormé – s’impose : le volume du décolleté n’égalera jamais la mise en évidence de la nudité masculine qui semble renvoyer à une esthétique digne des «Chippendales» et autres «Dieux du Stade». La gent féminine fond, s’emballe, roucoule, sourit, rougit, bave … bref réagit. Tandis que du côté des mecs, les vrais, les purs, les durs … et bien on se prend un bon coup de point dans la gueule : car le costume du prince charmant, qu’il se décline en vampire ou en loup garou, n’est pas facile à endosser voire impossible.

La vraie intelligence du film apparaît dans les degrés de lecture que l’on peut en avoir : premier et second degré semblent assimilés, les larmes pour les uns, le rire pour les autres … et le sourire pour tous. L’ensemble reste bien écrit, gnangnan à souhait mais ça fonctionne. Le réalisateur joue habillement avec les attentes des spectateurs et maîtrise parfaitement les ralentis et autres effets. Les dialogues sont succulents, à la fois drôles et dramatiques. Et le tout est évidemment conditionné musicalement ! Ah cette dimension musicale qui propose au spectateur de ne plus penser et qui lui permet de percevoir le film tel qu’il a été prémâché … ou qui lui permet de garder une claire position distanciée qui en devient amusée. Et quand référence est faite à «Roméo et Juliette», que dire … Ah la tragédie de l’amour…

Certes le caractère commercial de l’ensemble et l’impression d’écouter une compilation des morceaux à la mode – le film devient presque musical – s’imposent. Mais une bonne grosse meringue qui s’assume en tant que telle n’est-elle pas une source d’évasion ? Si l’on fait abstraction du mythe sur lequel repose l’ensemble…

TWILIGHT : NEW MOON
Twilight – Chapitre 2 : tentation
**
Réalisation : Chris Weitz
USA – 2009 – 121 min
Distribution : Belga Films
Fantastique – Comédie Romantique

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    [...] la magnifique critique de Nicolas Gilson dans Cinem(m)a pour le second opus de Twilight New Moon, j’ai couru cette nuit à l’avant première [...]

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