Trance

On 24/07/2013 by Nicolas Gilson

Danny Boyle met en scène un thriller psychologique maîtrisé dépourvu de finesse et d’originalité. A dessein sinueux, TRANCE, qui virevolte et papillonne tout à la fois, présente comme défaut majeur une incommensurable superficialité. Un paradoxe dont nous pouvons rire à défaut de le braver (ou inversement).

186-TRANCE-PS (2).tif

Simon (James McAvoy) qui est commissaire-priseur participe au vol d’une oeuvre d’art. Veut-il assoir son apparente innocence en faisant preuve d’interventionnisme au yeux de la sécurité qu’il reçoit un coup violent sur la tête. Celui-ci a pour conséquence une perte de mémoire pour le moins problématique puisqu’à son réveil le tableau dérobé a disparu et qu’il en est tenu responsable par les gangsters auxquels il s’est associé. La torture ne servant à rien, Franck (Vincent Cassel) le chef du gang contraint Simon à se rendre chez l’hypnotiseur de son choix. Il opte pour Elizabeth (Rosario Dawson) qui s’avère rapidement encline à collaborer.

Tandis que d’entrée de jeu Simon s’adresse à nous en face caméra, nous sommes confrontés à l’orchestration et à la réalisation du vol d’un tableau évalué à plusieurs millions de dollars. L’introduction, toute démonstrative, est efficace tant elle nous rend complice de Simon tout en illustrant ses propos. Plus encore elle assoit une tension grandissante (merci la musique) qui nous conduit à la pleine stupéfaction lorsque nous découvrons que le tableau dérobé a disparu alors que chaque rouage du plan censé être infaillible nous a été dévoilé.

Danny Boyle - Trance

Notre complice, Simon, est sans mémoire. Nous partageons son émoi (merci la musique) lorsqu’il découvre son appartement sens dessus dessous et plus encore (merci les renforts et la dynamique de montage) lorsqu’il est malmené afin de dire ce qu’il ignore. Il n’y a qu’une seule solution : l’hypnose. Merci à nous d’acquiescer. Et plus encore merci à nous de répondre à l’adhésion aveugle que demande le scénario lorsque la praticienne consultée, qui se propose d’aider notre gentil comparse, consent à collaborer avec les gangsters qui, eux, ne lui veulent aucun mal et ne témoigne à son égard d’aucune violence ni de la moindre rudesse. Ne demandons pas notre reste, signons sans acharnement. Du coup acceptons l’absence de finesse dans le développement narratif, faisons fi des rebondissements pressentis, du basculement d’un genre à l’autre, du placement de produit qui semble motiver l’écriture de séquences entières et de l’absence de psychologie des personnage (dommage compte tenu de la thématique motrice) au mieux réduite à des clichés réducteurs (quel bonheur lorsque le seul personnage féminin semble naïf avant de se révéler manipulateur par excès de faiblesse).

En souscrivant aux diverses dynamiques qui composent la dynamique générale (de l’accroche en face caméra au flash-back aussi mielleux que pathétique, des effets psychologisant à ceux du film d’action grossier et dépourvus de réalisme), acceptons de nous fondre à la pure action, au rythme dicté par les jeux d’effets (plus démonstratifs les uns que les autres) et les enchevêtrements narratifs quelques fois ridicules. Prenons plaisir à découvrir le sexe nu de Rosario Dawson (Danny Boyle semble s’être fait plaisir sans que cela n’apporte quoi que ce soit malgré la référence à diverses représentations picturales – lorsque la manipularice est réduite à son corps) et consentons à ce que nombre de fatalités prennent place (mais de qui donc Franck et Elizabeth peuvent-ils s’éprendre ? – car oui dans tout bon thriller il y a une histoire d’amour…).

Sans quoi le divertissement mis en scène nous paraîtra certes soigné et léché mais cruellement artificiel et sans réelle personnalité.

Trance - affiche

TRANCE

Réalisation : Danny BOYLE
Royaume-Uni – 2013 – 101 min
Distribution : 20th Century Fox
Crime, Drame, Thriller

Trance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>