Tout Ce Qui Brille

On 23/03/2010 by Nicolas Gilson

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Le film en salle : CINEBEL.BE
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Paris et la fascination qu’elle inflige. A force de vendre à coups de louche l’oisiveté d’une bourgeoisie en marge de toute réalité sociale, un certain cinéma français de masse reçoit en retour le film qu’il mérite. TOUT CE QUI BRILLE vomit en un sens ce trop plein d’artificialité aveuglante. Cependant l’absence d’intérêt esthétique et la platitude de l’écriture n’en font ni un film militant ni une comédie critique. Le premier long-métrage de Géraldine Nakache et Hervé Mimran s’inscrit dans le continuum-même de ce cinéma édulcoré. Nulle sensation, nulle épaisseur bien qu’une sincérité évidente s’impose. Loin d’être suffisante, elle donne au projet un certain charme sans pour autant le rendre séduisant.

Le film s’avère irrémédiablement inégal. A la fois très fouillé et horriblement creux, il manque de rythme et met en scène un récit candide sans grande originalité. La seule repose sans doute sur la révélation de la réalité paisible de certaines banlieues, enfuie bien profondément dans le sous-texte narratif. Certains axes de l’écriture sont très étudiés, telles les caractérisations de personnage qui émergent à l’écran au travers des accessoires, des costumes mais aussi des décors. Mais cette richesse du détails ne se retrouve ni dans la continuité du récit ni dans les choix de mise en scène. Quelques rares séquences font cependant exception. De manière générale les réalisateurs ont recours à des appuis très lourds : une dynamique d’insert épouventable, des insistances dialogiques ou dans la direction d’acteur … Ils s’essaient à une sorte de rhétorique du pléonasme qui loin de conduire au rire engendre un ennui certain. Le film apparaît dès lors ponctuellement sombrer dans le téléfilm : les réalisateurs témoignent d’une crainte évidente de la non compréhension du récit par le spectateur, ils mettent donc en place une logique pauvre d’accentuation – sans se rendre compte que celle-ci les discrédite.

De TOUT CE QUI BRILLE transparaît une impression d’artificialité générale qui ne devient jamais le réel sujet, enjeu du film – auquel cas dénoncer l’artificialité par l’artifiel serait judicieux et sarcastique, et seule une tentative est vainement esquissée. Le rythme biscornu du film et la direction d’acteur irrégulière ont raison de la légèreté de l’ensemble. Mais le public cible, attiré par tout ce qui brille, n’y fera sans doute pas attention : il rêvera de strass et de Paris sans se rende compte que le propos se veut critiquer cela …

TOUT CE QUI BRILLE
*
Réalisation : Géraldine NAKACHE et Hervé MIMRAN
France – 2009 – 100 min
Distribution : Alternative Films
Comédie
EA

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