To Rome With Love

On 03/07/2012 by Nicolas Gilson

Woody Allen aime Rome. L’excuse semble dès lors suffisante pour y mettre en scène une série d’histoires qui s’entrelacent. TO ROME WITH LOVE flirte avec le film choral et le film à sketchs sans convaincre. Dommage.

L’ouverture, qui paraît être une carte postale filmique, introduit un narrateur – qui va lui-même introduire les récits qui vont prendre place – et une coloration – ou filtre – qui va s’imposer tout au long du film afin d’exacerber une lumière irradiante. TO ROME WITH LOVE s’impose alors rapidement comme un ballet étrange et sans réelle logique – notamment temporelle –, fantasque et grotesque.

Indépendamment les uns des autres, bien que sans surprise, les récits sont légers et amusants. Toutefois la galerie de personnages et les aventures vécues agacent irrémédiablement. La naïveté qui compose l’ensemble ne rayonne jamais : si le côté abscons voire burlesque, qui semble être l’essence du scénario, est jouissif, à force de superficialité, l’écriture de TO ROME WITH LOVE irrite tant elle apparaît futile et balourde. L’entremêlement ou l’assemblage des récits manque de cohérence. Le film ressemble à une fresque sans forme et sans volume au sein de laquelle Rome est mise en lumière à travers une série d’histoires parmi d’autres qui ne dialoguent pas ensemble, ni ne se nourrissent…

Si techniquement le montage est bien ficelé, il répond de la futilité de l’ensemble. Les ellipses exacerbent le manque de substance des micro-récits où, entre deux scènes, les protagonistes, qui sont des excuses pour illustrer un trait d’humour et mettre en lumière une ville, n’existent pas. Les dialogues, explicatifs et sans profondeur, exaspèrent ou désespèrent c’est selon. Quant à la légèreté de la musique qui dessine le passage d’un récit à l’autre, elle est à l’image de l’ensemble : vaporeuse et complaisante.

Le casting est impressionnant, les prestations le sont moins : Jesse Eisenberg et Alec Baldwin semblent perdus au-delà de l’intrigue ; Hellen Page brasse les mots et les intentions sans que sa verve ne convainque ; Woody Allen, Judy Davis et Roberto Benigni surjouent au point d’être accablants. En un mot : TO ROME WITH LOVE déçoit.

TO ROME WITH LOVE
•/♥
Réalisation : Woody ALLEN
USA / Italie / Espagne – 2012 – 111 min
Distribution : Paradiso Films
Comédie

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