The Woman Who Brushed Off Her Tears (Louves)

On 23/09/2012 by Nicolas Gilson

La réalisatrice macédonienne Toena Strugar Mitevska propose avec THE WOMAN WHO BRUSHED OFF HER TEARS le portrait croisé de deux femmes et de deux destins : l’une, Helena (Victoria Abril) vit à Paris et est le témoin du suicide de son fils, l’autre, Ajsun (Labina Mitevska), vit en Macédoine dans un univers rural et, mère d’une jeune garçon, attend le retour de son fiancé qui est allé en France gagner de l’argent afin de pouvoir l’épouser – en somme l’argent nécessaire à son achat.

Alors que la réalisatrice met en place deux univers distincts qui témoignent, chacun à leur manière dans une société donnée, de la réalité d’être femme, elle emploie la figure masculine afin de donner sens à cette confrontation mais aussi pour unir les deux destinées. L’hypothèse de la maternité est ainsi un parallèle évident : Helana a perdu son fils et en est meurtrie ; Ajsun, elle, ne vit que pour le sien, dans l’attente du père de l’enfant dont elle est amoureuse. Les choix de vie, mais aussi l’impossibilité de ceux-ci, se répondent sans jugement, sans vérité. Un protagoniste sert de lien, il s’agit de Lucian, le financé d’Ajsun dont Helena est l’agent de probation. Motivée par la vengeance, celle-ci va lui faire une proposition qui va les amener en Macédoine où ils se rendent accompagnés du mari de Helena, macédonien d’origine qui a renié ses racines – et qui est considéré par son épouse comme responsable de la mort de leur fils.

Les deux destins vont donc s’unir derrière la sensibilité émotive qui motive les protagonistes féminines. Une expressivité marquée sans que pour autant la mise en scène ne sombre, à aucun moment, dans le pathos. La réalisatrice se pose toujours à distance. Un choix judicieux qui fait centendant difficilement sens tant l’approche photographique, avec une caméra mobile, est sinueuse. Une impression renforcée par l’incessant renfort musical. Toutefois, malgré un réel manque de rythme, une construction narrative peu convaincante et une direction d’acteur inégale, THE WOMAN THAT BRUSHED OFF HER TEARS parvient à transcender l’émotion qui prend les actrices aux tripes.

THE WOMAN WHO BRUSHED OFF HER TEARS

Réalisation : Toena Strugar Mitevska
Macédoine / Belgique – 2012 – 103 min
(Entre Chien et Loup)
Drame
Berlinale 2012 – Panorama / Séance Spéciale

Mise en ligne initiale le 23/02/2012


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