The Way, Way Back

On 27/11/2013 by Nicolas Gilson

Après avoir signé le scénario de THE DESCENDANTS et de ADOPTED, les acteurs Nat Faxon et Steve Rash passent à la réalisation en mettant en scène leur troisième collaboration THE WAY, WAY BACK. Si le film est inégal, il enchante proprement grâce à la tonalité insufflée par les réalisateurs et par la qualité d’interprétation de l’ensemble du casting dont ils font également partie.

WAY-WAY-BACK5.jpg

Cet été-là, Duncan aimerait être avec son père au lieu de quoi il fait route vers la côté avec sa mère, sa belle-soeur et son beau-père. La famille recomposée s’apprête à passer quelques semaines dans la maison de vacances de ce dernier. Introverti, l’adolescent fait la connaissance d’Owen qui travaille dans un parc de loisirs aquatiques et qui lui propose d’y travailler. Et à mesure qu’une singulière amitié prend place, l’émancipation de Duncan se dessine.

La scène d’ouverture permet tant de nous rendre complice de Duncan (ses oreilles devenant les nôtres) que de comprendre sa passivité et celle de sa mère. En effet, alors que celle-ci dort (élément non anodin) et que la famille recomposée est enfermée dans la voiture qui roule sur la route des vacances, son beau-père lui parle « d’homme à homme » et l’humilie proprement. Le ressenti de l’adolescent devient alors le nôtre et nous épousons son regard.

Aussi lorsqu’arrivé à destination Duncan découvre la surprenant voisine nous partageons son étonnement et son amusement. La caractérisation de ce personnage (interprété par une désopilante Allison Janney) est exemplative de l’approche des réalisateurs qui allient avec brio caricature et finesse, exagération et justesse de ton.

THE WAY, WAY BACK

Là où les plupart des comédies américaines définissent avec balourdise leurs protagonistes, THE WAY, WAY BACK les croquent avec panache. S’il s’agit de mettre en scène une série de clichés, ceux-ci nourrissent tant l’action que la réflexion. Aussi derrière la narration et une sympathique comédie, s’esquisse un parcours plein d’humanité et une critique très cynique (et juste) de la société. Peu à peu, au fil de sa construction, le film pose un regard riche sur les adultes qui sont de grands enfants obligeant par là-même leurs enfants à être adultes avant l’âge.

L’approche n’est aucunement moralisatrice – si ce n’est que les quelques crétins rencontrés (à l’instar du beau-père de Duncan) sont et demeurent de réels crétins (ce qui est un élément très réaliste) – tant il s’agit de tourner en dérision les pertes de repère des uns et des autres. Si Duncan a du mal à s’affirmer face à un beau-père qui ne le respecte pas, sa mère est en quête d’elle-même et ne peut dès lors pas répondre à ses attentes. Parait-elle aveuglée par sa relation qu’elle doit d’abord se (re)trouver elle-même pour pouvoir donner à son fils l’attention qu’il mérite. Dès lors Duncan se construit par lui-même au travers de la rencontre avec Owen, de sa prise d’indépendance et de l’éveil à ses sentiments.

Rien de neuf ni de transcendant, mais la tonalité donnée au film par le duo de réalisateurs ravit. Flirtant finement avec la caricature, ils donnent au film au douce coloration en s’émancipant du réalisme dans lequel ils ancrent pourtant le récit afin de tendre à la comédie. S’agit-il de faire de l’aventure une fable qu’ils y parviennent avec acuité.

Si l’ensemble manque peut-être de rythme, moult répliques ou situations sont savoureusement impayables et le casting vaut à lui seul le détour.

The way way back

THE WAY, WAY BACK
CET ETE-LA
♥♥
Réalisation : Nat Faxon & Steve Rash
USA – 2013 – 103 min
Distribution : 20th Century Fox
Comédie / drame

THE WAY, WAY BACK

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>