The Way Back

On 22/01/2011 by Nicolas Gilson

Lorsque Peter Weir réalise un film, les attentes sont nombreuses. Le réalisateur de DEAD POETS SOCIETY, GREEN CARD ou encore THE TRUMAN SHOW nous livre depuis longtemps des films qui sont autant d’aventures humaines et humanistes. Sans doute est-ce là le filigrane commun à toutes ses productions et qui compose son œuvre : l’homme avec un grand H, à travers l’histoire et les rencontres, au regard de la vie et du monde qui est le nôtre. THE WAY BACK dans cette perspective est un film riche au sein duquel, au cœur d’une aventure animée par un désir de liberté, des individus se révèlent à eux-mêmes à mesure qu’ils s’ouvrent aux autres.

Le réalisateur met en scène un récit inspiré de faits réels et déjà couchés sur papier. Il nous confronte à la réalité de l’Union Soviétique à la fin des années trente lorsque l’Europe entre lentement en guerre, la réalité des camps de travail en Sibérie. Nous découvrons cet univers clos et isolé par le biais de la déportation d’un homme, dénoncé par sa femme comme étant un espion occidental. Est-il naïf que cela nous permet d’appréhender avec effroi l’horreur des camps sibériens. L’humain s’y doit de s’effacer s’il veut survivre : doive-t-il être un loup animé de violence. Les règles communes s’effritent. Le chaos répond à la déshumanisation.

Notre protagoniste doit s’enfuir s’il veut survivre. Animé par le désir de retrouver celle qu’il aime et qui doit souffrir tant elle doit se sentir coupable, il s’échappe avec six autres prisonniers lors d’une nuit de blizzard. S’en suit un périple à l’écho d’initiation à la vie.

Sans doute le prologue est-il destructeur et nous confronte-t-il à une cruelle artificialité tant la séquence tend à la tragédie. Néanmoins un décors est planté. De manière certes appuyée et démonstrative, mais efficace – notons qu’à ce prologue répondre un épilogue grossier, d’un rare consensualisme.

C’est avec une même efficacité et une pointe de misérabilisme que Weir dessine le quotidien des camps du Goulag. Le cadre est alors le plus souvent serré, renforçant l’impression d’enfermement. Les enjeux se mettent en place. Les personnalités s’imposent avec force. Sans doute est-il nécessaire de passer outre la convention consistant à opter pour la langue anglaise.

Lorsque les hommes s’enfuient, l’approche change quelque peu. Il s’agit alors de magnifier leur parcours à la fois sensible et effectif, intérieur et physique. Le cadre s’ouvre et le sens s’établit. L’artificialité s’efface à mesure que l’aventure s’ancre, à mesure que les protagonistes se découvrent. Weir est un excellent directeur d’acteur et cela se ressent.

Jamais le film ne sombre dans le pathos. Néanmoins si le réalisateur évite toute mise en condition (l’accompagnement musical, ponctuel, magnifie le parcours sans jamais nous hypnotiser), l’ensemble manque d’empathie. Est-ce dû au fait que d’emblée nous savons comment le voyage se termine, mais des longueurs se font ressentir… Un paradoxe compte tenu du coup d’accélérateur donné à la toute fin du film, où les raccourcis sont nombreux, afin de résumer gauchement la chute du communisme en Pologne.

THE WAY BACK
LES CHEMINS DE LA LIBERTE
♥/♥♥
Réalisation : Peter WEIR
USA
Distribution : Starway Film Distribution
Comédie dramatique
EA

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