Critique : The Two Faces of January

On 14/06/2014 by Nicolas Gilson

Scénariste apte au grand écart – de DRIVE à 47 RONIN – Hossein Amini signe avec THE TWO FACES OF JANUARY un premier long-métrage en tant que réalisateur d’une rare vacuité. Enlisé dans le narratif, le thriller qu’il met en place répond à une logique des plus classique sans jamais égaler les maîtres du genre auxquels, classicisme oblige, on pense indéniablement. S’il offre à Vigo Morgensten et à Oscar Isaac des rôles pour le moins excitants (tant ils leur permettent de se projeter au coeur de l’âge d’or d’Hollywood), le film s’impose comme un creux divertissement.

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Chestler MacFarland (Viggo Mortensen) et sa bien jeune épouse Colette (Kirsten Dunst) voyagent en Grèce et font la connaissance de Rydal (Oscar Isaac), un arnaqueur à la petite semaine. Le jeune homme est doublement impressionné par le couple d’américains : la beauté de Colette et la fortune de Chestler excitent ses sens. La vie légère et luxurieuse du couple s’avère bientôt moins idyllique qu’elle n’y paraît et Rydal, intéressé par l’argent de Chestler et le désir éprouvé pour Colette, va aveuglément s’en rendre compte.

THE TWO FACES OF JANUARY peine à trouver son rythme. Alors que la mise en place tire en longueur, la démultiplication des points de vue voulues par Hossein Amini s’avère assassine. En effet, il construit son scénario en tentant de trouver un équilibre entre ses trois principaux protagonistes tout en envisageant un regard extérieur sur la situation. Rapidement l’ensemble s’avère artificiel et démonstratif tant les appuis sont nombreux. Sans compter que le réalisateur esquisse des pistes qu’il ne développe pas ou trop peu ensuite…

DIE ZWEI GESICHTER DES JANUARS

Pourtant la ligne narrative, pleine de rebondissements, est efficace. Malheureusement, Amini semble prendre le spectateur pour un imbécile se sentant contraint de lui moudre les informations et de les lui donner à la petite cuillère. Une démarche qui devient proprement irritante lorsque les éléments de surprise sont dévoilés sans finesse lorsqu’ils ne sont tout bonnement pas annoncés.

Mais plus qu’un problème d’écriture, c’est proprement un souci de mise en scène qui est responsable de cette impression stupide de pure béquée. Le manque de confiance manifeste de l’écriture – ou cette nécessaire et absolue intelligibilité – est accentué de manière déplorable dans des choix esthétiques souvent balourds (des chois ponctués par une musique platement atmosphérique et dictatoriale au point d’être irritante). Si le classicisme de l’approche revêt un certain charme, Amini n’a clairement pas le talent d’un Alfred Hitchcock ou d’un Sidney Lumet. Joue-til avec bien des codes et des conventions qu’il ne parvient pas à se les approprier. Incapable de porter un choix sur le point de vue mis en place, le réalisateur ne pense que bancalement au regard du spectateur qu’il aurait pu cependant manipuler – et contraindre – à l’envi. Mais de démonstration en démonstration, l’hypothèse même semble lui avoir échappé.

the two faces of january - poster

THE TWO FACES OF JANUARY
•/♥
Réalisation : Hossein Amini
USA / Royaume-Uni / France – 2014 – 96 min
Distribution : Belga Films
Thriller

Brussels Film Festival 2014 – Film de clôture

DIE ZWEI GESICHTER DES JANUARS

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