Critique : The Riot Club

On 04/03/2015 by Nicolas Gilson

Sur base d’un récit mettant en scène un cercle pour étudiants très privilégiés, Lone Scherfig livre la radiographie d’une société malade divisée en deux catégories, les dominants et les dominés. Tend-elle à quelques nuances qu’elle signe un film plus manichéen que démonstratif. Superficiel mais diablement efficace.

Fraichement arrivés à Oxford, Miles Richard (Max Irons) et Alistair Ryle (Sam Claflin) incarnent deux figures contrastées, opposées, des nantis britanniques. L’un est tourné vers le monde, l’autre vers son nombril. Contraints de travailler ensemble sur un projet et déjà rivaux, ils sont l’un et l’autre invités à intégrer le cercle pour étudiants le plus en vue : le légendaire Riot Club.

the_riot_club_02Avant même toute rencontre avec les protagonistes, le film s’ouvre sur la présentation du cercle qui lui donne son titre. Récit fantasmé qui renvoie néanmoins à l’histoire de « clubs » qui existent bel et bien, l’introduction dessine le cadre et les règles d’une réalité qui se veut – apriori – secrète. Il s’agit ensuite de plonger dans la réalité des plusieurs protagonistes dont trois figurent se dessinent comme principales. Outre Miles et Alistair, nous rencontrons Lauren (Holliday Grainger) – qui bien que venant d’un autre monde s’amourache de Miles. Les trois protagonistes permettent d’esquisser le portrait pluriel de l’Université et d’une caricaturale société anglaise. Si le regard critique de la jeune femme est de plus pertinent, elle se révèle être quelque peu accessoire et Miles s’impose rapidement comme le protagoniste principal de l’intrigue.

A un premier mouvement permettant une incursion au coeur du monde universitaire, répond rapidement celui du recrutement par les membres du Riot Club de nouveaux condisciples. Alors en concurrence, Miles et Alistair sont les poulains de deux sous-groupes. Un troisième mouvement ouvre ensuite vers un basculement sur plusieurs niveaux et afin d’en souligner le caractère social – voire sociétal – deux protagonistes secondaires entrent dans le bal.

POSH Directed by Lone SherfigAdditionnant les points de vue et offrant à chacun un discours qui tient de la tribune, le scénario ne cesse de s’épuiser alors qu’il met parallèlement en scène un récit d’une force incroyable. Adaptant sa propre pièce de théâtre pour le cinéma, Laura Wade semble ne pas faire confiance à sa propre dramaturgie ou, pour le moins, ne parvient pas à en concentrer l’essence en se focalisant sur ses principaux personnages. Si cette démarche est le garant d’une excellente dynamique de groupe, transcendée à merveille par la réalisatrice (une scène de repas qui parquera les esprits), malgré une superficialité générale, elle alourdit très fortement l’intrigue en exacerbant sans finesse la dualité entre deux classes.

Approche et écriture sont-elles efficaces qu’à force d’appuis elles manquent indéniablement de cohérence. L’ensemble en devient lisse malgré l’interprétation nuancée d’un casting sublimé (si pas érotisé) par la caméra de Lone Schefig. Toutefois THE RIOT CLUB s’impose comme un cruel camouflet nous crachant au visage une violente vérité : l’homme est indéniablement un loup pour l’homme.

The Riot Club

THE RIOT CLUB

Réalisation : Lone Scherfig
Royaume-Uni – 2014 – 107 min
Distribution : Lumière
Drame

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