Critique : The Pink Panther 2

On 18/02/2009 by Nicolas Gilson

Oublions les films de Blake Edwards, oublions le génial Peter Sellers, ne songeons pas au burlesque ni à l’absurde … Ne nous laissons pas envahir par la nostalgie d’une série de films entamée en 1963 et qui a vu succéder à Sellers Benigni en fils improbable. Donnons à ce film la place qu’il mérite : celle de notre non accueil et de notre irritation, celle tragiquement inverse de la madeleine proustienne.

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Un seul élément salvateur : la présence, essentielle, du thème créé par Henry Manchini. Comme de circonstance, car le second volet de la nouvelle vie de l’inspecteur Clouseau se revendique s’inscrire dans la continuité de la série, la panthère qui nous est devenue chère apparaît au générique. Mais celui-ci est égal au film : il est bien en deçà de la qualité d’alors … En soit tout est déjà dit. Mais soyons objectif afin de motiver notre propos.

Le scénario fort simple au demeurant ne cesse de subir des parenthèses purement démonstrative proche du muet des premier temps. C’est que Steve Martin, qui incarne une bien pâle copie de Sellers, en est le signataire. Aussi il ne crée qu’une succession de gags et de scènettes, lourdes et grasses, dont le but est unique : se mettre lui-même en scène. Ses nombreux fans apprécieront (encore et encore) mais ses singeries fatiguent les autres. Jamais il ne tend à l’absurde, jamais il ne donne à son corps un statut d’objet … pour tout travail corporel : la grimace. Steve Martin est-il au courant que les possibilités du comique au cinéma ont évolué depuis les années 1900 ? Peut-être a-t-il voulu rendre un hommage à Faty en oubliant l’existence de Malec …

Nul besoin de souligner la platitude généralisée de la mise en scène qui n’a d’égal que le caractère creux du scénario. Les protagonistes ne sont qu’une succession de caricatures, d’archétypes grossiers dont l’évocation même ne fait pas sourire. Par contre soulignons la présence de Johnny Halliday au casting dont la simple apparition engendre un fou rire.

Quant à la réalisation et au montage, et bien, songeons à un feu d’artifices. Une image stupide qui pourtant résume bien le non-style du film : ça part dans tous les sens avec comme seul leitmotiv Steve Martin. Nous sommes plongé dans un monde artificiel où tout va très vite, où nous sommes spectateur passif d’un stérile récit.

The Pink Panther 2

THE PINK PANTHER 2

Réalisation : Harald Zwart
USA – 2009 – 92 min
Distribution :
Comédie

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