The Perks of Being a Wallflower

On 02/01/2013 by Nicolas Gilson

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER initie un charmant voyage dans le temps à deux niveaux. Le premier est à prendre au sens propre et nous replonge à l’ère des K7 audio et des disques vinyles lorsque le « Rocky Horror Pictures Show » était délicieusement anti-conformiste. Le second est plus symbolique et constitue une invitation à se fondre dans la peau d’un adolescent en quête de lui-même.

Lorsque Charlie (Logen Lerman) rentre au lycée, il est bourré d’appréhension et décompte les jours. Il lui en reste 1385 avant d’échapper à la fatalité qui lui incombe. Il subit proprement son immersion dans ce nouveau monde. Amoureux de littérature et studieux, il se fait d’autant plus de soucis qu’il n’a aucun ami. Nous découvrons un microcosme particulier à travers le regard singulier du protagoniste.

Charlie tient une correspondance qui lui sert de confident. L’adresse-t-il à un ami réel ou imaginaire, ou est-ce là une mise en abyme, celle-ci met en place une entière complicité entre lui et nous.

Adaptation cinématographique par Stephen Chbosky de son propre roman, THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER est habilement construit. Au fil des rencontres faites par Charlie, il est rapidement question d’envisager les cancers qui déjà ravagent la société américaine où l’alcool a beau être interdit au mineurs de moins 21 ans, cela ne les empêche pas de devenir alcooliques avant d’en avoir 14… La normalisation et les dictats d’une société « bien pensante » sont habilement mis en perspective, en sous-texte. En devenant le comparse de Patrick (Ezra Miller) et de Sam (Emma Watson), Charlie change de regard sur le monde.

Cet étrange couple de demi-frère/demi-soeur confronte Charlie à des univers jusqu’alors, pour lui, inimaginables. Patrick est homosexuel et semble l’assumer alors qu’il sort avec le capitaine de l’équipe de foot qui lui ne l’assume pas… Derrière cette hypothèse pour peu caricaturale, la mise en perspective de la réalité vécue par Patrick est pleine de sens.

Charlie croque peu à peu dans la vie. Mais cela n’est pas sans conséquence. L’éveil à lui-même le contraint à réveiller les fantômes d’un passé qu’il ne maîtrise pas.

Scénarisation et réalisation sont habiles. D’entrée de jeu, Stephen Chbosky fait de nous les complices du principal protagoniste. Par le truchement d’une voix-over – celle illustrant la correspondance de Charlie – nous nous fondons à ses pensées et son regard s’impose comme le nôtre. Et si quelques flash-back renforcent également cette impression au montage, l’ouverture du film par l’immersion dans le lycée tient presque du sensitif. La musique, qui est un moteur narratif, est employée intelligemment : elle est vectrice de sens et illustre l’évolution du protagoniste tout en permettant à une époque de revivre.

Enfin la qualité du jeu des différents acteurs – Logen Lerman, Emma Watson et Ezra Miller en tête – est à relever.

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER
LE MONDE DE CHARLIE
♥♥(♥)
Réalisation : Stephen CHBOSKY
USA – 2012 – 103 min
Distribution : Paradiso
Comédie dramatique

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