The Kids Are All Right

On 04/01/2011 by Nicolas Gilson

Un couple uni par vingt ans de mariage et deux enfants de 18 et 15 ans composent une cellule familiale on ne peut plus banale. Un microcosme sacré et sacralisé qui a tout de même l’originalité de réunir deux mères lesbiennes ayant été fécondées in vitro par un même géniteur que les enfants décident de rencontrer. Le noyau est alors mis à mal, perturbé et tiraillé à cause du déséquilibre engendré par cette situation aussi redoutée qu’incongrue.

Le scénario de THE KIDS ARE ALL RIGHT à l’intérêt de banaliser l’hypothèse même de famille homoparentale tout en envisageant les questions liées à la singularité de celle-ci. Il condense plusieurs enjeux narratifs qui permettent de porter un regard éclairé sur une situation en devenir pourtant bien simple.

A 18 ans, alors qu’elle va quitter la maison familiale pour aller à l’Université, Joni n’est-elle pas en droit d’être perdue ? Après vingt ans de mariage, Jules (Julianne Moore) et Nic (Annette Bening) ne doivent-elles pas se redécouvrir, remettre en question leur amour ? Et à 15 ans, Lazer d’être paumé ? La famille tourne une page et ses membres se regardent naturellement dans le miroir. S’il n’était question d’un couple de lesbiennes, cela serait d’une banalité effarante. Et la réussite et de respecter justement l’idée de banalité. Nulle stigmatisation vulgaire, bien au contraire : une vulgarisation de la situation même. Le géniteur (Marck Buffalo) n’est que le moteur d’un processus nécessaire.

Le film est habillement dirigé. La qualité d’interprétation de l’ensemble du casting est à souligner. Les répliques fusent – souvent drôles – et la justesse des échanges, des gestes et des regards est touchante. Les choix de mise en scène permettent au spectateur de partager le trouble qui habite l’ensemble des protagonistes. Une complicité garante d’empathie renforcée par un enrobage musical. Les choix esthétiques sont sans doute d’une rare banalité mais cela assure une facilité d’accès à un sujet qui mérite d’être vulgarisé, le casting assurant d’ailleurs un caractère grand public au film.

Présenté à la 60ème Berlinale, THE KIDS ARE ALL RIGHT y a reçu le Teddy du meilleur film – à savoir le prix du meilleur film queer.

THE KIDS ARE ALL RIGHT
♥♥
Réalisation : Lisa CHOLODENKO
USA – 2010 – 104 min
Distribution : BFD
Comédie dramatique
EA

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