Critique : The Keeper of Lost Causes

On 14/08/2014 by Nicolas Gilson

L’adaptation de la série de romans à succès de Jussi Adler-Olsen est un produit aussi efficace que malheureusement formaté. Fort de miser sur la présence du héros de THE KILLING et la mise en scène du réalisateur de BORGEN, THE KEEPER OF LOST CAUSES apparaît en tout point être une mise en bouche, tel le premier épisode d’une license en devenir – ou le pilote d’une série télé. Aussi, développant de manière superficielle l’affaire de « La femme en cage » (Kvinden i buret – le premier volet de la trilogie originelle), le film met en place un univers et ses deux principaux protagonistes.

the_keeper_of_lost_causes_51000031_st_7_s-high

L’inspecteur Carl Mørck (Nikolaj Lie Kaas) est, suite à une bavure, affecté à la Section Q – une voie de garage dédiées aux affaires non classées où il est assisté par un certain Assad (Fares Fares). Toutefois au lieu de se résoudre à un travail platement administratif, Carl est décidé à reprendre les enquêtes. C’est ainsi qu’il se plonge, contre l’avais de ses supérieurs, dans l’affaire de la disparition d’une politicienne, Merete Lynggaard, survenue cinq ans auparavant.

Pour le moins caricaturale, l’écriture se veut platement efficiente. À l’instar de la séquence d’introduction qui vise à esquisser le caractère de Carl – et presque fatalement l’origine de son trouble et de sa détermination –, les quelques scènes d’interactions entre lui et Assad révèlent à gros coup de buttoir la naissance d’une inévitable complicité. Alors que tout – y compris un caractère religieux appuyé et jamais développé (Assad étant musulman) – les sépare, les deux confrères forment in fine, à coup sûr, le duo de flics dont le Danemark – voire la Scandinavie – a besoin.

The-Keeper-of-Lost-Causes-2014

Proprement démonstrative, la construction scénaristique fait fi de toute réelle psychologie et entremêle sans finesse les lignes narratives afin de tenir le spectateur en haleine en lui donnant plus d’informations que les flics n’en possèdent. Il s’agit alors de suivre parallèlement à leur enquête le devenir de Merete Lynggaard mais aussi, dans d’improbables flash-back, des bribes de son enfance et de celle de son bourreau… Si l’ensemble est efficace, l’approche demeure superficielle et l’impression d’être face à l’introduction de protagonistes récurrents s’impose comem désolante. Le constat est amer : appliquer au cinéma les règles de la télévision ne fonctionne guère.

Ce sympatique épisode, ponctué de moments forts – une rage de dent en captivité, ça inspire les scénaristes – et d’autres pathétiques (à défaut de psychologie…), est mis en scène de manière sensationnelle et démonstrative. De nombreux effets, notamment de ralentis ou de changements chromatiques, permettent d’en mettre plein la vue et de tenir ponctuellement le spectateur en haleine. Mikkel Norgaard ne craint pas la pure esthétisation – notamment lors des flash-back – qu’importe si cela ne nourrit en rien les aventures. Gage de mise en condition, la musique est sans surprise une de ses armes de prédilection.

Kvinden i buret - the keeper of lost cases

THE KEEPER OF LOST CAUSES
Kvinden i buret – Miséricorde

Réalisation : Mikkel Norgaard
Danemark / Suède / Alemagne – 2014 – 97 min
Distribution : Lumière
Thriller

Kvinden i buret - the keeper of lost causes

The Keeper of Lost Causes - Kvinden i buret

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>