Critique : The Imitation Game

On 14/01/2015 by Nicolas Gilson

Drame historique construit sous la forme d’un thriller, THE IMITATION GAME se concentre sur trois épisodes de la vie d’Alan Turing, le père de la programmation informatique. Le film se propose de nous plonger dans l’exaltation qui l’emporte lorsqu’il travaille à percer les mystères du cryptage des communications nazies. Mais derrière cet enjeu, s’en cache d’autres à l’instar de l’incidence qu’aura sur sa vie son éveil amoureux.

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Soucieux du comportement étrange adopté par Alan Turing (Benedict Cumberbatch), alors victime d’un prétendu cambriolage, un inspecteur fait preuve d’excès de zèle et ouvre une enquête sans avoir conscience des conséquences que celle-ci pourrait avoir. Le mathématicien accepte de répondre à ses questions, de se mettre à nu mais, sur un ton qui assoit son fort caractère, prévient qu’il ne répétera pas deux fois son histoire. Celle-ci nous plonge en pleine seconde guerre mondiale lorsqu’il intègre une équipe de chercheurs au sein de services secrets britanniques chargée de décoder la machine Enigma, l’outil de communication des Allemands.

L’approche est efficace, trop sans doute. Incontestablement, la réalisation est parfaitement orchestrée : une photographie soignée, une réelle habilité dans les choix de découpages et dans le montage des scènes afin de tenir le spectateur en haleine, un dosage sirupeux mais intelligent de la musique et surtout une sublime direction d’acteur.

Alors que la construction du scénario repose sur l’enquête et sur le témoignage de Turing, le sujet principal du film – l’homosexualité du mathématicien et le trouble dans lequel le plonge l’investigation – passe au second plan tant, au fil du développement narratif, la course au décryptage du code nazi s’impose comme centrale.

The Imitation Game

Néanmoins, le caractère du mathématicien se dévoile au fil de ses interactions. Incapable de travailler en équipe, il prends en mains les rennes du projet ce qui le conduit bientôt à engager, à la surprise générale et à son propre étonnement, Joan Clarke (Keira Knightley) – une femme dont le raisonnement lui est précieux tant professionnellement que personnellement. Sans la qualité d’interprétation des comédiens, l’ensemble paraîtrait certainement artificiel. Toutefois l’intensité de leur jeu traduit, au-delà de la narrativité, l’excitation de la quête ou l’émoi de se révéler à soi à travers l’autre.

A deux lignes temporelles – n’oublions pas l’enquête esquissée ponctuellement – répond une troisième qui met en scène, de manière très démonstratives, quelques épisodes de l’enfance de Turing lorsqu’il vouait un amour particulier à l’un de ses camarades, Christopher. Premières traductions de son homosexualité, ces séquences surlignent sans grande finesse ce qui se dessine comme la fatale tragédie de son existence.

L’approche scénaristique pose question tout en étant peut-être la force du film : en plaçant l’homosexualité de Turing et la répression à l’égard des homosexuels durant de nombreuses années au second plan, peut-être THE IMITATION GAME parvient-il à toucher un plus large public. Cependant il est regrettable que les failles de la démarches s’imposent d’elles-mêmes puisqu’il s’avère nécessaire de recourir à des intertitres pour expliquer ce qui n’est in fine pas mis en scène.

THE IMITATION GAME

Réalisation : Morten Tyldum
USA – 2014 – 113 min
Distribution : Paradiso Filmed Entertainment
Drame historique

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