The Great Gatsby

On 15/05/2013 by Nicolas Gilson

A la découverte de THE GREAT GATSBY version Baz Lurhmann, se pose la question de ce qui a pu motiver autant d’adaptations du roman éponyme de F. Scott Fitzgerald tant, à force d’effets pompeux et extravagants, le ballet chorégraphique qui est ici mis en scène gomme le moindre faste d’une consumante passion amoureuse. Un désastre plein de paillettes.

The-Great-Gatsby

« - Aucun d’entre nous n’apportait le moindre renouveau. »

Nick Carraway (Tobey Maguire) évoque une époque où, loin de refaire le monde, il consommait énormément d’alcool et jouissait avec exaltation de la vie qui était sienne à New-York auprès de nantis. Un homme hante particulièrement ses souvenirs, Jay Gatsby (Leonardo DiCaprio). L’évocation première conduit Nick à prendre la plume, plus par fausse thérapie que par démarche réellement artistique. Il esquisse ainsi, au fil d’une rencontre, le portrait d’un homme et d’une passion amoureuse unissant ce dernier à sa cousine Daisy (Carrey Mulligan).

L’approche scénaristique de Baz Lurhmann est pour le moins balourde tant la ligne narrative, entre encadrement en voix-over et jeux de mise en abyme, s’avère peu astucieuse et repose sur des ficelles plus qu’élimées. Néanmoins en mettant en scène le fantasme d’un autre, Lurhmann trouve-t-il, sans assumer le moindre point de vue, le prétexte idéal à la réalisation d’un divertissement aux mille et un artifices.

Elaboré sous l’angle de la 3D – sans que celle-ci ne soit envoutante – THE GREAT GATSBY apparaît rapidement être un catalogue d’effets : changements de focales, travail artificiel sur la perspective, incrustations, surimpressions, travellings multiples… Plus encore le réalisateur n’évide aucun écueil ni le moindre cliché de mise en scène (à l’instar de travellings hypnotisants, de ralentis esthétisants ou de la monstration, par recours à l’incrustation, du travail d’écriture du personnage de Nick). Pourtant nul hommage au cinéma, juste une approche maniérée et démonstrative, certes fabuleuse mais dénuée d’intérêt. L’image est à ce point travaillée et rendue artificielle que l’interprétation des comédiens – malgré l’impressionnant casting – en devient lisse ou empruntée.

Si l’intrigue prend place au début des années 1920, la musique jazz est un prétexte à placer de-ci, de-là, sans finesse, quelques musiciens et à laisser l’une et l’autre « sotte » se secouer en rythme. Sans surprise Lurhmann s’émancipe ici de toute logique temporelle et insuffle au film un caractère contemporain par le recours à des choix musicaux anachroniques dont le dessein est platement atmosphériques – ah, cette surabondance musicale qui dicte et exacerbe tout ressenti ou qui se veut pur enrobage.

Les décors, les costumes et le maquillage participent à la folie générale, toute (dé)monstrative, au coeur de laquelle les produits se placent sans la moindre discrétion – mais n’est-ce pas le but ?

Gageons que les effets d’ouverture et de fermeture en miroir du film (le passage d’une image pellicule granuleuse en noir et blanc à une autre toute virtuelle) assoient le film comme une parenthèse assumée dans l’Histoire du cinéma.

The Great Gatsby - Baz Luhrmann

THE GREAT GATSBY

Réalisation : Baz LURHMANN
USA – 2013 – 143 min
Distribution : Warner Bros.
Drame / Romance

Cannes 2013 – Sélection Officielle – Hors-compétition (Film d’ouverture)

The Great Gatsby - affiche

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