Critique : The Divergent Series – Insurgent

On 16/03/2015 by Nicolas Gilson

Nouvel opus de la série Divergent, INSURGENT, qui, de la romance prémachée flairant la guimauve industrielle à l’action reposant sur les effets spéciaux, est une machine efficace, répond en tous points à son cahier de charge. Une aventure (platement) contemporaine.

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Tris est sujette a des cauchemars dans lesquels viennent la hanter ses proches disparus. Du coup, elle se coupe les cheveux. Une action qui n’a pas uniquement l’intérêt d’exacerber son émoi et son caractère de rebelle tant elle préfigure l’aptitude de la jeune fille à réussir chaque chose. D’aucuns trouveront l’acuité avec laquelle elle est capable de se couper les cheveux au carré (avec un superbe dégradé au niveau de la nuque, de faire des petites mèches au milieu de la nuit et de se payer un effet décoiffé sans pourtant posséder le moindre accessoire) risible, il s’agit là pourtant, non d’une incohérence demandant énormément de willing suspension of disbeleif, mais de l’évocation de ses multiples talents voire d’une pleine préfiguration symbolique de son devenir. Et heureusement, Four est là pour la convaincre du résultat, si bien qu’elle enlève le bandeau dans lequel elle s’est honteusement enroulé la tête. L’aventure peut alors continuer, Tris douter puis prendre confiance en elle ; l’aventure peut alors continuer, Tris douter et prendre confiance en elle. Ne doit-elle pas affronter la vilaine Jeanine qui a fait d’elle une fugitive ?

Tout comme dans le premier volet de la saga, une voix-over met en place le récit – soyez rassuré-e-s, si vous vous perdez dans la salle, par erreur ou par désespoir, la panade est digeste. Toutefois, contrairement au précédent épisode où Tris se voulait être notre complice, c’est au personnage de Jeanine – la méchante – que revient l’honneur de s’adresser à nous, le réalisateur nous fondant bientôt par là à la population de la cité dont elle est le leader. Et autant dire que son despotisme s’impose d’entrée de jeu alors qu’elle ment de manière éhontée – au cas où un spectateur aurait le moindre doute, malgré l’éprouvant manichéisme, moult dialogues sont là pour nous le rappeler et expliquer les maigres enjeux.

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Moins risible que le premier volet, sans pour autant développer de manière pertinente l’hypothèse d’un contre-pouvoir ou celle du droit à la différence, INSURGENT entremêle avec mièvrerie aventure et romance… Toutefois, outre les multiples incohérences, un élément attise notre attention : le casting. Il ne s’agit pas de trouver quelqu’intérêt dans l’interprétation de Shailene Woodley – ses cheveux sont là pour s’exprimer à sa place – mais de savourer la perversité de Kate Winslet et celle en devenir de Naomi Watts.

Le film trouve-t-il son rythme à coup d’effets (visuels, sonores, musicaux et micro basculements narratifs) que son scénario, dont le programme est connu, n’est guère excitant. Certains se plongeront sans doute dans l’hypothèse romantique grotesque à souhait – je suis forte mais je ne suis rien sans toi – nous trouverons quelque plaisir dans le talent de Kate Winslet qui campe magistralement et non sans nuance un personnage a priori caricatural. Avec flegme elle incarne l’aveuglement et la perfidie qui pourraient être la satire de notre société si l’approche avait quelque volume.

Notons encore la présence de Miles Teller qui a le mérite d’interpréter habilement le seul personnage auquel l’intrigue offre quelques nuances – au-delà des bouleversements rhétoriques qui ne cessent de diviser Tris.

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THE DIVERGENT SERIE : INSURGENT
Divergente 2 : L’insurrection

Réalisation : Robert Schwentke
USA – 2014 – 119 min
Distribution : Belga Films
Action / Aventure / Romance / Fantastique

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