The Dark Knight Rises

On 25/07/2012 by Nicolas Gilson

Ecrit, scénarisé, produit et réalisé par Christopher Nolan, THE DARK KNIGHT RISES met un terme à la trilogie de l’artificier. Si le soulagement s’impose, il est d’autant plus fracassant que cet ultime épisode est d’une longueur et d’une lourdeur insoutenables. Au coeur de la catastrophe, seuls Morgan Freeman et Anne Hathaway tirent leur épingle du jeu.

LA LEGENDE S’ACHEVE

En démultipliant les points de vues, Nolan construit un film sinueux empli de raccourcis qui a l’avantage d’être tellement lisse qu’il en devient limpide. L’action est au rendez-vous afin de permettre la mise en place une série d’effets visuels, de trucages et d’autres joyeusetés dans lesquels Nolan excelle. Et si le réalisateur frôle le pastiche – entre le traitement des scènes « romantiques » et le patriotisme exacerbé -, il semble plus s’amuser qu’il n’amuse la galerie.

Derrière un enrobage musical dictatorial et presque incessant – étonnamment les renforts musicaux disparaissent ponctuellement – et malgré un scénario ridicule, la volonté de Nolan semble être celle de confronter le spectateur à un certain réalisme : il s’agit alors, au-delà de la tentative gauche d’insuffler dans l’écriture un jugement moral sur le devenir de la société capitaliste, de salir l’image avec par exemple des reflets imaginaires puisque les phares de la « batmobile » ne peuvent pas se refléter dans la lentille de la caméra…

A force de vouloir tendre à un réalisme abscons, Nolan signe un scénario désolant qui, bien plus que de s’émanciper de l’univers et des caractéristiques du héros initial, sombre dans les effets creux et des rebondissements tantôt grotesques, tantôt évidents. Son ultime opus des aventures de Batman – encore que la fin est ouverte – marginalise plus encore le héros : celui-ci est tellement relégué au second plan et enlisé dans les marasmes de son pseudo-questionnement existentiel qu’il en devient assurément ennuyeux – à l’instar du film dans son ensemble.

Si l’on n’adhère pas au cinéma « d’effets » du réalisateur, THE DARK KNIGHT RISES est d’autant plus déplorable. Il donne au manichéisme son sens, tout en offrant à ses protagonistes des motivations d’une rare platitude. Tous plus caricaturaux les uns que les autres, les personnages de Nolan épuisent sans jamais séduire. Le flegme de Morgan Freeman – égal à lui-même – et la malice d’Anne Hathaway – bien que la version de Catwoman qui lui est offerte soit bien pauvre – mis à part, la distribution est en soi une calamité et atteste d’une mise en scène in fine balourde et caricaturale.

Après avoir déconstruit et démoli un héros, « La légende s’achève » : merci !

BATMAN – THE DARK KNIGHT RISES
•/♥
Réalisation : Christopher NOLAN
USA – 2012 – 165 min
Distribution : Warner Bros.
Action / Aventure

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