The Conspirator

On 08/11/2011 by Nicolas Gilson

Mettant en scène le procès fait à Mary Surratt, accusée d’avoir fourni les armes ayant servi à l’assassinat de Lincoln, THE CONSPIRATOR revient sur un épisode noir de l’histoire américaine.

Le film s’ouvre sur un avant propos : une monstration de la fin de la Guerre de Sécession, la seule à avoir pris place sur le territoire américain et qui ancre dans le sang le fédéralisme des États-Unis. Une séquence qui tient plus de la citation et qui nous conduit rapidement deux ans plus tard en 1865, plus précisément le 14 avril, jour de l’assassinat de Abraham Lincoln. Robert Redfort s’attarde alors à mettre en place une galerie de personnages et à esquisser les enjeux induits par l’identité de ces protagonistes et les liens qu’il y a entre eux.

La mise en scène est démonstrative. Le réalisateur opte pour un montage parallèle afin d’exacerber la tension et de mettre en place une approche dynamique. Mais lorsque nous sommes confronté au décor du Ford’s Theater où Lincoln est abattu d’une seule balle, c’est NAISSANCE D’UNE NATION de D. W. Griffith qui semble s’animer devant nous. Les techniques de cinéma d’aujourd’hui se révélant être les mêmes que celles employées en 1915 (montage parallèle, gros plan, iris, flash-back…). A la différence que, si depuis le son et la couleur sont apparus, le cinéma de Redford est loin d’être novateur. Il enrobe ainsi son film d’une musique atmosphérique conditionnante et opte pour des séquences en flash-back poussiéreuses tant elles sont illustratives voire redondantes.

Si cet épisode malheureux a marqué l’Histoire, le procès qui le suivit et les enjeux qu’il soulève (les droits de l’Homme), cœur de THE CONSPIRATOR, sont passionnants. Il est dès lors dommage que Robert Redford en fasse un pamphlet moralisateur franchement consensuel. Tout est artificiel et, à l’instar des flash-backs, appuyé. Jamais il n’est question de ressenti tant la mise en scène  - d’un scénario dépourvu de subtilité – est démonstrative au point d’être ponctuellement ridicule. L’éclairage « naturel » mis en place (qu’il s’agisse de la lumière solaire ou des supposées sources alternatives de la fin du 19ème) tient plus de la coquetterie que d’une approche stylistique. Si ce n’est l’exacerbation du contraste entre l’ombre et la lumière… Un manichéisme qui ne cesse d’être développé de toutes parts comme si pour être intelligible, un discours se doit d’être bêtifiant.

S’en suit une cruelle distanciation. Certes les acteurs performent, effectivement les costumes – dans des teintes d’une seule gamme sombre – sont réfléchis,… mais, malgré le recourt incessant à la musique, nous ne pouvons qu’entendre l’ennui frapper lourdement à la porte.

THE CONSPIRATOR

Réalisation : Robert REDFORD
USA – 2010 – 122 min
Distribution : BFD
Drame historique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>