The Conjuring

On 18/08/2013 by Nicolas Gilson

Après SAW et INSIDIOUS, James Wan commet un nouveau film de genre dépourvu de personnalité. Artificier balourd mais toutefois efficace, il met en scène un scénario sans volume ni singularité qui présente la prétention de trouver un ancrage dans la réalité. Bien que « basé sur une vraie », THE CONJURING ne présente rien de bien effrayant au demeurant.

the conjuring - Ted et Lorraine Warren

« Look what you made me do »

Afin de capter notre attention et de nous mettre en condition, le film s’ouvre par une séquence introductive : nous voyageons alors en 1968 et nous sommes confrontés aux témoins de l’affaire dite « Annabelle », une poupée machiavélique. Deux trames fictionnelles s’additionnent alors, d’une part l’évocation du récit (bien secondaire) et de l’autre sa mise en scène. Un ancrage narratif dont le but est d’asseoir un certain réalisme et la crédibilité du couple formé par Ed et Lorraine Warren, dont « les dossiers » sont le terreau d’une aventure qui s’est déroulée en 1971 jusqu’ici non dévoilée…

Déjà James Wan compile une série d’effets tous plus artificiels les uns que les autres afin d’exciter nos sens. Nous sommes prévenus : nous allons être confrontés à l’indicible. Habitués aux forces obscures, les Warren s’introduisent eux-mêmes lors d’une conférence et la crédulité de leur public devient – ou devrait devenir – le gage de la nôtre.

Triste effet d’écriture qui ne conduit à pas grand chose tant le scénario est construit gauchement. Si nous pouvons nous attendre à épouser le point de vue des Warren, il n’en est rien. Centre de notre attention le couple fait place à une autre et à leurs filles alors qu’ils emménagent dans une maison qui va se révéler, sans surprise, hantée ou plutôt possédée. Deux lignes narratives se dessinent avant de se rencontrer sans jamais dépasser une superficialité assassine – au prétexte d’un suspens bidon. Les scénaristes dessinent une piste quelque peu singulière pour la ruiner aussitôt. Dommage. Le développement qui s’en suit est tantôt déplorable et creux, tantôt brillamment manipulateur (mais tout aussi creux). Toutefois la surenchère est telle que le film sombre dans le ridicule sans convaincre. Plus encore, les scénaristes s’appuient une un manichéisme de base qui oppose l’esprit malin et satanique au divin. Et soyons bien prévenus il semble préférable d’être baptisés !

Du côté de la réalisation, James Wan ne relève guère le niveau. Il semble toucher à tout : esquisser un point de vue observant de-ci , de-là ; s’amuser avec des effets de travelling tel un gamin avec un train électrique sans que cela n’exprime rien ; zoomer par pur plaisir… Bref, il compose avec autant d’artifices qu’il lui est possible de le faire, qu’importe le manque de cohérence. Après tout le montage permet des « cuts » gages de surprise, un effet rendu possible enfin et surtout grâce aux renforts sonores et musicaux. Cependant le caractère démonstratif de l’ensemble de double d’une surenchère permanente qui à l’instar du scénario vire à la bouffonnerie. La réalisateur transforme carrément le crescendo « sensitif » en un tableau franchement risible au sein duquel se noient des références (notamment THE BIRDS) auxquelles il aurait mieux fait de ne pas faire allusion.

Conjuring-affiche

THE CONJURING
CONJURING : LES DOSSIERS WARREN

Réalisation : James WAN
USA – 2012 – 112 min
Distribution : 20th Century Fox
Horreur/Thriller

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