Critique : The Big Short

On 29/12/2015 by Nicolas Gilson

Avec THE BIG SHORT, Adam McKay propose un divertissement au fil duquel il fait notamment l’illustre démonstration de la responsabilité des banques dans la crise financière des subprimes. Signant l’adaptation de l’ouvrage éponyme de Michael Lewis*, il oscille entre les genres afin de rendre le spectateur complice des principaux personnages tout en cherchant à vulgariser une réalité à dessein complexe. Efficace non sans s’éparpiller, au point de paraître hystérique, le film séduit grâce à son affiche.

THE BIG SHORT

D’entrée de jeu, afin de nous plonger pleinement dans le vif du sujet, le réalisateur met en place une accroche directe à travers laquelle le personnage de Jared Vennett (Ryan Gosling) contextualise l’hypothèse-même des subprimes et se révèle tout à la fois narrateur et protagoniste. Effaçant la barrière que constitue l’écran, il se décroche de sa propre réalité selon la règle très théâtrale de l’aparté. Un effet stylistique et scénaristique qui permet à Adam McKay d’asseoir une tonalité singulière tout en introduisant les autres personnages et les enjeux. Un effet commode qui lui offre la possibilité de condenser sous un regard érudit une pluralité de situations qui s’enchainent en un mouvement délirant et de recadrer un récit pour le moins éclaté dans la mesure où il s’intéresse à une kyrielle de personnages qui vont flairer « le casse du siècle » en pariant contre les banques.

Est-elle maitrisée, cadenassée, que la narration n’en est pas moins confuse. Dessinant comme fil rouge de la ligne scénaristique un paradoxal suspens puisque nous connaissons la finalité de la crise de 2008), Adam McKay nourrit l’intrigue avec des effets humoristiques au sarcasme savoureux. Garants de cette distanciation, les apartés de Jared Vennett conduisent à d’autres qui nous place alors à distance-même du film à l’instar des explications face caméra de Selena Gomes herself. Une dynamique qui serait jouissive si l’ensemble était moins superficiel et affecté, mais qui parait in fine pas très aboutie…

Aussi efficace est-elle, l’écriture s’avère des plus futile au regard des différents personnages qui rythment la partition. Définis par leur caractérisation sans tendre à la moindre évolution, ils composent une galerie de personnalités que nous prenons plaisir à admirer grâce aux performances de Steve Carell, Christian Bale ou encore Ryan Gosling. Comme bien d’autres, Brad Pritt est impayable dans un costume étudié avec soin. L’hystérie du montage au sein duquel s’entremêle une multitude d’effets assoit pour sa part un caractère tout à la fois hypnotique et névrotique qui transcende l’univers mis à nu. Une réalité critiquée et moquée avec verve, qui choqua l’opinion publique et qui, pourtant, est des plus vive après une mort qui se révèle artificielle.

*The Big Short: Inside the Doomsday Machine, Michael Lewis, Ed. W. W. Norton & Company, 2010

THE BIG SHORT
LE CASSE DU SIECLE
♥(♥)
Réalisation : Adam McKay
USA – 2015 – 131 min
Distribution : Sony Pictures Belgium
Comédie dramatique

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