The Angels’ Share

On 21/06/2012 by Nicolas Gilson

Avec THE ANGELS’ SHARE, Ken Loach met en scène une comédie humaine, légère et pleine d’espoir malgré un ancrage dans la violente réalité d’un quotidien qui semble en être dépourvu.

Délinquant un jour, délinquant toujours ?

Robbie est condamné à des travaux d’intérêt généraux. Baigné dans la délinquance depuis l’enfance, le jeune homme cherche à se réhabiliter afin d’être un bon père et de pouvoir vivre avec sa petite amie malgré l’opposition de la famille de celle-ci. Sans travail ni formation, Robbie voit dans sa peine la possibilité de prendre un nouveau départ. Epaulé et encadré par un touchant éducateur, il va se découvrir une passion pour l’art du whisky. Il va aussi se lier d’amitié avec quelques uns de ses nouveaux camarades.

La mise en place du film est duale. Si elle donne d’emblée le ton de la comédie, elle ancre le film dans la réalité. L’ouverture du film dessine une dimension universelle, en présentant une galerie de protagonistes qui tous se retrouvent devant le tribunal pour des délits divers, et conduit rapidement à la centralité d’un de ces protagonistes : Robbie.

Ken Loach met en scène avec brio et de manière réaliste les éléments qui composent et conditionnent son quotidien. Délinquant extrêmement violent, Robbie décide de se prendre en main car sa petite amie, qui va accoucher, lui met un ultimatum afin que leur enfant puisse s’épanouir… Mais son passé l’entoure et la prison lui pend au nez telle une épée de damoclès s’il réagit à nouveau par la violence. Il s’agit alors de comprendre son désarroi, de voir quelles sont les étapes nécessaires à sa rédemption…

Ainsi il est confronté à son passé à l’instar d’une rencontre avec le jeune homme qu’il a agressé. S’il est alors regrettable que le réalisateur opte pour la mise en scène de l’évocation de l’agression par le biais d’un flash-back, cette séquence est emprunte d’une force indéniable. Mais le scénario de THE ANGELS’ PART s’émancipe de l’ancrage réaliste mis en place afin de tendre à la comédie. Comme s’il y avait deux films en un. Il s’agit alors de se concentrer sur le nouvel éveil de Robbie, qui découvre l’amitié et le whisky, en oubliant soudainement les éléments contraignants pourtant installés avec force.

La comédie naît de la confrontation de Robbie avec ses nouveaux camarades. Tous sont définis selon une série de caractéristiques comme autant de clichés qui permettent de créer des comiques de situation. L’humour est quelque fois facile, rarement fin. Mais cela fonctionne. L’épaisseur du trait a un certain charme… bien que le rythme semble rapidement mécanique.

THE ANGELS’ SHARE semble alors facile et gentil, enrobé musicalement afin de tantôt d’ancrer un dynamisme creux, tantôt exacerber le pathos des protagonistes. En mettent en place une « petite musique mécanique », Ken Loach s’émancipe de l’ancrage réaliste qu’il s’est pourtant efforcé à mettre en place afin de livrer un film humaniste au ton léger.

THE ANGEL’S SHARE
LA PART DES ANGES
♥♥
Réalisation : Ken LOACH
UK – 2012 – 101 min
Distribution : Cinéart
Comédie

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