The Amazing Spider-Man 2

On 11/04/2014 by Nicolas Gilson

THE AMAZING SPIDER-MAN – 2 convie à une réelle expérience, celle de ressentir le temps, minute par minute, seconde après seconde. Truffée d’illogismes tous plus ridicules les uns que les autres et gauchement démonstratives (entre des effets démultipliés, une 3D sans volume et un enrobage musical innénarrable), la suite des aventures de l’homme arraignée signée Marc Webb propose un florilège du pire que peut offrir le cinéma de studio. Il faut dire qu’en 142 minutes, avec un embrouillamini pour scénario et des effets visuels tellement exagérés qu’ils en deviennent pathétiques, il y a de quoi faire.

En bref : une introduction d’une longueur invraisemblable avant que quelques enjeux d’une rare balourdise n’esquissent une narration dénuée d’intérêt avec bien peu d’action qui conduit péniblement à une conclusion interminable.

andrew garfield the amazing spider-man 2

  • L’introduction de l’introduction

On aurait pu espérer de Peter Parker (Andrew Garfield) avait réglé ses problèmes de petit orphelin, il n’en est rien. Si bien que l’hypothèse même de la fuite de ses parents et de son abandon ouvre le film. Sans doute l’une des séquences d’avion les plus mauvaises de l’histoire du cinéma, au coeur de laquelle l’emploi des images de synthèse est proprement risible. Peu subtil – à l’instar de la dynamique de la pleine séquence – le placement de produit rappelle le premier épisode de la licence réalisé par Webb. On craint alors le pire pour la suite.

  • La lente mise en place de l’ensemble des protagonistes qui pourrait conduire à ce qu’il se passe quelques chose

Afin de surprendre le spectateur qui porte ses lunettes pour pouvoir profiter de la 3D, Spiderman n’apparait pas en transperçant l’écran. Au contraire, il plonge dans le vide et, grâce à son aptitude à « toiler », volette à l’infini – un effet grand-huit qui semble cher au réalisateur mais dont le caractère artificiel rappelle le travail graphique de l’avion de la prime ouverture.

Deux questions, purement rhétoriques, se posent alors : Héros du quotidien, Spiderman sauvera-t-il New-York d’une possible catastrophe nucléaire ? Diplômé, Peter Parker arrivera-t-il à temps à la cérémonie où sa petite amie Gwen (Emma Stone) doit faire un discours ?

The-Amazing-Spider-Man-2-Andrew-Garfield-Emma-Stone

Tandis que tant la temporalité que la logique de l’action semblent (déjà) poser problème au montage, la question existentielle soulevée lors du premier opus s’impose : où Spiderman range-t-il son téléphone portable (dont la sonnerie est le seul amusement du film) ? Témoignant d’une impressionnante dextérité, Spiderman qui est incapable de faire correctement une lessive (attention humour) semble avoir caché profondément ce secret.

Au fil des séquences, Gwen et Peter se séparent, se cherchent, se retrouvent, se regardent en chiens de faïence au point de provoquer soit l’hilarité soit l’énervement (ou les deux). Merci Marc Webb de tourner en ridicule le sentimentalisme en l’exacerbant à ce point. Car au-delà de la romance celui-ci est présent dans chaque relation et semble « armer » l’ensemble des enjeux qui sont dès lors tout sauf passionnants (et souvent à peine esquissés, aussitôt oubliés avant de réapparaitre tel un cheveu au milieu de la soupe afin d’exacerber un état psychologique dépourvu de psychologie). Si au moins l’approche privilégiait un point de vue ou esquissait un axe clair de récit… Car bien que signé par 7 co-scénaristes, le scénario apparaît être l’entremêlement d’autant d’axes narratifs au point que l’on se demande quand il va vraiment se passer quelque chose et que l’action va enfin décoller.

The-Amazing-Spider-Man-2

  • Mais c’est qui le méchant ou quand un méchant en cache (très mal) un autre

Dans ce marasme où la légitimité de Spiderman est remise en cause de-ci, de-là sans jamais que ce ne soit développé, deux vilains prennent place. L’un, Electro, très rapidement avant d’être un temps oublié et l’autre, Harry Osborn (Green Goblin en devenir – vivement la suite!), plus lentement sans pour autant que cela ne nous surprenne le moins du monde. Plus encore que le caractère mollasson de la « complexification » de l’intrigue, l’évolution des méchants dépasse tant l’entendement que le ridicule. Sans doute faut-il applaudir le montage qui permet à un dingue rampant à l’aide de ses poignets de se glisser comme par magie dans une combinaison ou la direction artistique qui dote soudainement Electro d’une combinaison lorsqu’il vire pleinement du côté obscur. Si jamais, malgré les clichés, un doute s’esquisse, la musique (seule réelle donnée psychologique) est là pour assoir le moindre ressenti. Improbablement atmosphérique celle-ci a pour particularité de se moduler selon les protagonistes et le « suspens » de la scène au risque d’apparaître être un juke-box proposant des titres aux styles bien disparates.

  • Et si, enfin, le chapitre se clôturait ?

A l’addition de rebondissements censés mettre en place la dynamique de récit répond une fin abysalle tant l’exacerbation du ressenti du protagoniste principal est monstrative et ne comporte aucune nuance. En résumé, alors que son plus grand combat commence (bientôt), l’extraordinaire Spiderman est déprimé, devient dépressif et se veut déprimant. Le choix d’Andrew Garfield dans le rôle titre fait enfin sens. Celui de Marc Webb à la réalisation (et au-delà de l’ensemble de l’approche du renouvellement de la licence) pose par contre question.

The Amazing Spider Man 2 - affiche

THE AMAZING SPIDER-MAN – 2
THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HEROS

Réalisation : Marc Webb
USA – 2014 – 142 min
Distribution : Sony
Action / Aventure / Romance

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