Suicide Room

On 23/06/2011 by Nicolas Gilson

Dans la Pologne contemporaine, une adolescent, issu d’un milieu très privilégié et influent, est en pleine construction identitaire. Les commentaires homophobes qu’il subit et l’absence de complicité avec ses proches le poussent à s’isoler et à trouver un exutoire dans le dialogue virtuel au sein de la « Suicide Room ».

Avec son premier film SUICIDE ROOM, Jan Komasa appréhende communément plusieurs enjeux captivants. Il met en place avec force une société libérale à castes où les « élus » – la caste supérieure – courent derrière le pouvoir (allant de paire avec l’argent). Éduqué dans ce monde de privilégiés, Dominik voit son quotidien être rythmé entre l’école et l’absence de réelle relation avec ses parents. Il n’a que des connaissances et pas d’amis. Il ne semble pas s’en plaindre, parvenant à dépasser le regard jugeant que certains posent sur lui par le biais de la provocation. Il est alors intégré jusqu’au jour où son désir pour l’un de ses camarades se (re)marque.

Les réactions sont alors virulentes le poussant à l’isolement. En un temps très bref, par l’intermédiaire des réseaux sociaux virtuels, il est condamné à cause de son homosexualité. Il devient la victime du jugement de ses camarades. Une homophobie virulente dans une société où l’homosexualité n’a pas sa place.

L’isolement conduit alors Dominik à trouver refuge dans un monde virtuel. Il choisit de pénétrer dans la chambre du suicide… Alors, en plus des enjeux sociaux (voire politiques) et des questions d’identités sexuelles (au regard de la société), Jan Komasa envisage le pouvoir et la perversité des plateformes virtuelles.

Le scénario souffre cependant manque de fluidité et son axe s’éparpille quelque peu. Tandis que l’ensemble de l’approche esthétique (où les effets s’additionnent) souffre d’une absence de finesse et tend à un caractère démonstratif dommageable tant il tient le spectateur à distance. La construction de l’univers virtuel, du « chat » mis en images, qui repose sur de bonnes idées, ne convainct guère.

Toutefois l’intérêt des sujets mis en scène est tel qu’il gomme la platitude de la réalisation.

SALA SAMOBOJCOW
SUICIDE ROOM
♥(♥)
Réalisation : Jan KOMASA
Pologne – 2010 – 106 min
Distribution : /
Drame
Berlinale 2011 – Panorama
Brussels Film Festival 2011- Compétition

Trackbacks & Pings

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>