Starbuck

On 09/06/2012 by Nicolas Gilson

David Wozniak a sous le pseudonyme de Starbuck donné son sperme à de très nombreuses reprises car l’opération était lucrative. 533 enfants ont, grâce à sa semence, été fécondés et 142 se sont constitués partie civile pour en connaître l’identité. Rattrapé par son passé, éternel looser, David doit affronter la paternité. Y a-t-il un peu de lui en chacun de ces enfants ? Que peut-il leur apporter et, en retour, que peuvent-ils lui apporter ? Les questions se bousculent d’autant plus que David doit faire face à ses responsabilités.

Balourd et caricatural, enrobé musicalement et témoignant d’une mise en scène dépourvue d’originalité, STARBUCK est platement démonstratif. Le réalisateur voyage entre l’humour et des notes plus graves sans la moindre finesse sur base d’un postulat narratif déplorable.

La question de la parentalité se résume-t-elle en la semence féconde d’un géniteur ? C’est ce que semble transcender Ken Scott à travers sa comédie. Considérer « Starbuck » non comme géniteur mais comme le père légitime de 142 enfants – oublions, comme les scénaristes, les 391 – c’est annihiler de facto ceux ou/et celles qui ont tenu jusqu’alors le rôle de parent(s). Une donnée affligeante, pour nous indépassable, qui même sous le prétexte de la comédie et de la légèreté ne trouve pas de légitimité.

Bien loin de nous faire rire, STARBUCK nous irrite. Au-delà du postulat que nous condamnons, les clichés mis en scène et la construction du scénario dans sa globalité – car pour mettre les choses en place il s’agit de les complexifier avec des touche de film de gangster et de drame familial, sans les développer – nous apparaissent pathétiques. La réalisation est dès lors plus que cohérente.

STARBUCK

Réalisation : Ken SCOTT
Canada – 2011 – 109 min
Distribution : Imagine
Comédie

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