Sorority Row

On 08/12/2009 by Nicolas Gilson

Dans la catégorie remake des films d’horreur ayant marqué les années quatre-vingt arrive sur nos écrans SORORITY ROW. Quand un film bricolé aussi drôle qu’effrayant est actualisé, qu’en reste-t-il ? Un lourd budget, une réécriture à l’ère du gsm, un rendu contemporain dans les effets de réalisation – le tout dans un contexte de dessein mercantile – permettent-ils d’envisager le moindre intérêt ?

Un casting mis en place pour attirés les adolescents avec une kyrielle de star de séries télé à succès (d’audiance) mais aussi les amateurs des années 80 grâce à la présence de Carrie Fisher – qui fut notamment la Princesse Leia de la trilogie STAR WARS. Une série de caricatures comme autant de protagonistes : de la blonde manipulatrice à la naïve brunette en passant par l’intellectuelle – et pucelle – à lunettes. Des tenues légères ponctuant une vulgarisation contemporaine prenant vue au sein d’un univers pourtant bien puritain … Rien de bien singulier au demeurant.

Mais au-delà de l’hypothèse de remake, SORORITY ROW permet d’appréhender une certaine jeunesse américaine. Celle qui se noie dans l’alcool, pour laquelle rien n’a vraiment de valeur tant que les apparences s’imposent, pour laquelle l’argent et la situation priment irrémédiablement … et dont la sexualité, le plus souvent gratuite ou purement physique, ne s’envisage pas avec préservatif. Paradoxe des excès du puritanisme américain.

L’originalité de la réalisation est d’intégrer l’esthétique pornographique à celle du film de genre : la dynamique de monstration du plaisir est alors revisitée voire assimilée à celle de l’horreur. Ainsi c’est la bouche bien ouverte que les jeunes filles meurent tandis que le phallus mortuaire revêt les forment les plus diverses : tesson de bouteille, fusée d’alerte ou encore couteau s’enfoncent bien profond dans la gorge de leur victime. La mort s’impose sous la forme d’une terrible pénétration … qui s’avère proprement délectable. Car l’humour est bien présent – les improbables personnages caricaturaux et leurs tenues légères en restent les premiers garants. Et la réunion, soit-elle superficielle, de la pornographie et de l’horreur, genres pour lesquels le classement X fut créé, témoigne du caractère érudit du réalisateur.

SORORITY ROW s’avère être un gentil film de genre commercial, aucunement novateur mais nourri au demeurant, dont la suite semble certifiée si le succès est au rendez-vous.

SORORITY ROW

**

Réalisation : Stewart HENDLER

USA – 2009 – XX min

Distribution : BFD

Horreur

ENA

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