Mirror Mirror (Blanche Neige)

On 04/04/2012 by Nicolas Gilson

Enrobé musicalement, curieusement pensé d’un point de vue photographique, empli d’effets tant narratifs que visuels, MIRROR MIRROR, qui pêche par un trop plein d’artifice, présente l’intérêt de rendre actifs les personnages féminins. Ainsi la Reine et Blanche-Neige peuvent s’affronter. La première, qui n’hésite pas à recourir à la magie noire, agit en despote tandis que Blanche-Neige, qui, timorée, a vécu enfermée dans le palais régi par sa belle-mère et connait les contes et les récits héroïques, décide qu’elle doit, sans aide masculine, combattre sa marâtre. Mais ce n’est pas pour autant que l’émancipation féminine a lieu… les deux femmes se disputant un prince !

I BELIEVE… IN LOVE

Revisitation de l’histoire de Blanche-Neige, MIRROR MIRROR donne à Julia Robert un gentil rôle de méchante. Trop gentil sans doute. Dès la séquence introductive la mauvaise reine nous est sympathique. Elle s’adresse à nous, met en place une complicité certaine en nous contant l’histoire de Blanche-Neige… Un préambule qui a pour intérêt d’établir les enjeux narratifs et qui prend la forme d’une animation illustrant les propos du protagoniste tout d’or vêtu. Déjà l’enrobage musical est considérable ; déjà l’artifice s’impose…

Un artifice qui se retrouve à tous les niveaux à l’instar de la dynamique de cadrage. Celle-ci semble réfléchie par rapport à des effets 3D ; selon un jeu incessant de surcadrage et un travail sur la profondeur de champs dont l’intérêt reste à trouver… Bref SNOW WHITE est un film où la démonstration est reine.

Les costumes, bien qu’amusants, et les décors renforcent l’hypothèse d’artificialité, mais puisqu’il s’agit d’un conte… perdons tout espoir, laissons-nous emporter dans un univers qui se veut original mais qui ne témoigne d’aucune singularité. Permettons-nous de trouver dommage que les maquillages n’appuient pas le caractère grotesque mis en place et ne servent pas l’intrigue en ne rajeunissant pas, par exemple, outrageusement Julia Roberts.

Le scénario, qui présente l’incohérence d’être introduit selon le point de vue de la Reine, est truffé de commentaires et autres drôleries – ou balourdises – le plus souvent à caractère sexuel afin de séduire un public plus averti – ou plus âgé, c’est selon. Ainsi l’un des nains – reconvertis en voleurs – est, par exemple, animé par son désir sexuel tandis la Reine a la culotte qui la démange au point de faire des lapsus plus éloquents les uns que les autres… Comme il s’agit d’un conte le « bien » affronte le « mal » et l’amour est au rendez-vous. Et afin d’éviter le moindre doute, Blanche-Neige nous en averti dans un final proprement pathétique : le rire est dès lors garanti, que l’on adhère à la logique du film ou non, grâce à cette quasi ultime séquence.

SNOW WHITE

Réalisation : Tarsem Singh
USA – 2012 – 95 min
Distribution : Belga Films
Comédie dramatique / Aventure

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