Snabba Cash

On 11/08/2010 by Nicolas Gilson

SNABBA CASH pêche par excès. Improbablement démonstratif, le film oscille entre une tentative d’auteurisme et un caractère artificiel creux et surfait. L’essence narrative pourtant riche semble se diluer irrémédiablement à mesure que l’approche esthétique se révèle bien fatigante – et systématique. L’ensemble manque de rythme ou sont-ce les longueurs qui se veulent épuisantes. En tout état de cause, nous ne pouvons qu’attendre avec impatience le remake américain, c’est dire.

La construction scénaristique tend de prime abord à une choralité certaine : trois protagonistes sans lien apparent sont introduits dans leur quotidien respectif. Rapidement cependant ils convergent les uns vers les autres et leur rencontre devient l’élément clé de la narration. Tous trois permettent d’approcher une certaine réalité du crime organisé, du trafic de drogue, à Stockholm. Cependant la primauté d’un des protagonistes, Johan, met à mal l’hypothèse chorale qui devient dès lors esthétisante et quelque peu accablante. La construction s’avère dès lors bancale et se révèle être une des raisons de l’impression de longueurs. La paradoxale centralité de Johan est désolante : sa prééminence escamote toute possibilité de rencontre avec les autres protagonistes sans s’imposer comme moteur. L’approche manque de radicalité et s’essouffle tristement.

La photographie, qui apparaît premièrement significative, tend à une démonstration stylistique bancale dépourvue d’originalité. Si le choix d’un cadrage serré semble judicieux afin de confronter le spectateur à un certain ressenti, les incessant mouvements – pluriels – ne peuvent que l’épuiser. D’autant plus que la narration manquant d’action, cette rythmicité apparaît comme illogique. En ajoutant à cela un jeu sur les focales ou encore une recherches d’effets visuels sur la captation de lumières – produisant des reflets fatigant sur l’œil-même de la caméra – l’ensemble de la démarche esthétique semble bien creuse.

Enfin malgré une appréciable direction d’acteur les appuis sont nombreux. La séquence finale, suggérant lourdement une suite, est plus que paradigmatique. Dommage.

SNABBA CASH
EASY MONEY
*
Réalisation : Daniel ESPINOSA
Suède – 2009 – 119 min
Distribution : BFD
Triller

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