Critique : SMS

On 17/08/2014 by Nicolas Gilson

Chaque année la production cinématographique (française) ne cesse de nous surprendre. Capable de donner naissance au meilleur comme au pire, elle porte sans rougir des projets aussi creux que SMS. La nullité a un nouveau nom – en attendant le prochain.

SMS - incendie

« Je vais mourir à l’envers comme un con »

Comme annoncé d’entrée de jeu en s’adressant à son fils par le biais d’une voix-over, Laurent (Guillaume De Tonquédec) ne va pas très bien. Suspendu au-dessus du vide, rattaché à son intrépide existence par un câble qui fort heureusement ne lui sectionne pas la cheville, il s’est mis dans une galère qu’il trouve opportun de nous conter. Tout est parti d’un SMS – enfin presque – que l’amant de sa femme lui a malencontreusement envoyé.

Pauvre adaptation du roman éponyme de Laurent Bénégui, SMS repose sur une construction scénaristique déplorable. Conservant l’adresse à la première personne, Gabriel Julien-Laferrière fait fi de toute vraisemblance et témoigne d’une écriture bêtifiante. Illustrant le propos d’un héros crétin, le film repose sur une série de flash-back, comportant eux-même des flash-back et conduisant fatalement au temps « zéro » du récit mis en scène. Toutefois, une fois que nous retrouvons Laurent la tête en bas, le commentaire en voix-over ne prend pas fin. Après tout pourquoi – et comment – quitter une ligne narrative simpliste et stupide.

Mais au-delà de la pauvreté de l’approche, la maladresse repose sur la volonté d’entremêler une dimension humoristique à une autre réaliste. Alors qu’il s’agit sans cesse de noircir le trait, un peu de finesse aurait sans doute été appréciable. Situations et protagonistes secondaires sont essentiellement des caricatures tellement grossières que c’en est affligeant.

La réalisation assoit le caractère platement démonstratif de l’approche et pêche par excès. S’il est difficile de croire aux accidents en cascade qui ronge la maison des protagonistes, il est encore plus compliqué d’adhérer à certaines séquences où, comme dans un film d’action, le héros se fait renverser par une voiture et continue sa course comme si de rien n’était. L’ensemble est criard et ponctué d’un effet à la Matrix, figeant les protagonistes dans le décor le temps d’un mouvement circulaire, proprement risible.

L’interprétation pourrait être le seul élément à sauver. Toutefois dans ce marasme général, Guillaume De Tonquédec patauge tant la mise en scène oscille entre la plus pure balourdise – ou l’humour potache – et des touches pseudo-réalistes garantes de sentimentalisme. Naidra Ayadi parvient-elle a donner à un personnage tristement secondaire quelque volume qu’elle sort avec Géraldine Pailhas – si admirable dans JEUNE & JOLIE – son éingle du jeu. Néanmoins elles n’ont rien à défendre. Et c’est bien là tout le problème. Chaque protagoniste – et du coup chaque comédien – est tantôt caricaturé à outrance, tantôt porteur d’une émotion entendue qui en devient ridicule. Comme le film.

SMS affiche

SMS

Réalisation : Gabriel Julien-Laferrière
France – 2014 – 84 min
Distribution : Lumière
Comédie (dramatique)

SMS

SMS - Géraldine Paihlas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>