Side Effects

On 05/04/2013 by Nicolas Gilson

Steven Soderbergh s’amuse de réalisation en réalisation et témoigne d’une acuité pour le divertissement. Avec SIDE EFFECTS il compose un énième thriller aux multiples rebondissements qui n’est guère captivant. Dommage.

À la sortie de prison de son mari, Emily ne va pas bien. Après avoir délibérément foncé dans un mur avec sa voiture, elle est suivie par Le docteur Jon Banks, un psychiatre qui teste sur elle un nouvel antidépresseur, l’Ablixia. Si la jeune femme va alors beaucoup mieux, elle semble sujette à des délires oniriques causés par le médicament. Un jour, elle poignarde son mari. Elle n’en a aucun souvenir et son médecin, qui atteste que cela peut être dû à l’Ablixia, voit son quotidien en subir les conséquences. Comme souvent chez Soderbergh, les apparences peuvent être trompeuses…

Le réalisateur opte d’emblée pour la pure mise en condition du spectateur. Un musique atmosphérique et un effet de travelling assoient le suspens dès l’ouverture du film. Steven Soderbergh nous conduit, de manière presque hypnotique, à voir des traces de sangs avant d’exciter notre curiosité par l’emploi d’un intertitre nous renvoyant « trois mois plus tôt ».

Nous découvrons alors Emily et le film est d’abord construit de son point de vue. Cette centralité basculant ensuite, après l’incident « mis en lumière », en faveur de celui de Jon Banks. Une douce manipulation scénaristique qui excite le réalisateur pouvant ainsi jouer avec les attentes du spectateur et ancrer le doute afin de développer l’idée-même de manipulation et de fausses-vérités…La résolution est tellement rapide, voire bâclée, que le film perd son propre souffle en ancrant un contraste presque illogique avec la lenteur avec laquelle les éléments sont mis en place.

L’abus des contre-jours dans la dynamique de cadrage trouve une explication presque sémantique. Ce leitmotiv esthétique devient pour peu obsessionnel. Si la réalisation semble être pour le réalisateur un pur amusement, elle n’est que démonstration et flirte trop souvent avec une esthétique « clip ». Il apparaît in fine bien regrettable que Soderbergh n’assume pas pleinement le caractère parodique de la farce qu’il met en scène.

SIDE EFFECTS

Réalisation : Steven SODERBERGH
USA – 2013 – 106 min
Distribution : Independent Films
Thriller / Drame

Berlinale 2013 – Compétition Officielle

Mise en ligne initiale le 15/02/2013

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