Shrek 4 : Il était une fin …

On 11/06/2010 by Nicolas Gilson

Les aventures de l’ogre prennent fin. Et il faut s’en réjouir. Bien que ce quatrième opus soit esthétiquement une réussite, il témoigne de l’essoufflement scénaristique ayant anéanti la verve, l’originalité et l’incongruité critique des deux premiers épisodes – le troisième esquissant la voie de la perdition. C’est que lorsque l’esprit créatif qui se moque d’un certain Hollywood sombre dans le conventionnel, il n’a plus de raison d’être.

Esthétiquement le film témoigne d’un rendu impressionnant. Le grain de la peau de certains protagonistes est déroutant. La mise en mouvement des protagonistes est admirable. L’artificialité pourtant manifeste semble par moment se gommer majestueusement. Et que l’on adhère ou non à la logique de la 3D, il est indéniable que la qualité du travail effectué est remarquable. Encore que la construction de certains plans repose sur une logique de mise en perspective uniquement liée à la 3D (surcadrage, marquage de l’avant plan …) : Une mise en scène synthétique paradoxale au vu du rendu de certaines séquences.

Loin d’envisager de manière caustique l’imaginaire des contes et de tourner en ironie la culture cinématographique, SHREK FOREVER AFTER est une soupe à la fois consensuelle et conventionnelle. Exit la coexistence de plusieurs degrés de lecture. Au revoir la délectation. Rien que la trame narrative de départ exhale une odeur nauséabonde. Époux et père accompli, Shrek n’a d’autre choix que de vivre heureux très très longtemps. Seulement voilà, son quotidien l’emmerde. Le bonheur lui donne envie de vomir si bien qu’il pactise avec un charlatan … Shrek étant arrivé au bout de ses aventures il fallait aux créateurs trouver un subterfuge : et si l’ogre n’avait jamais existé ? Le concept aurait pu être séduisant s’il n’avait reposé sur une vision manichéenne. Car à Far Far Away tout est maintenant ou blanc ou noir. Les nuances ont disparus avec le sarcasme et le génie. Le dernier épisode de SHREK signe ainsi son arrêt de mort. Il n’est plus qu’un vil objet commercial, formaté en 3D et assimilé aux productions platement mercantiles dont il se moqua avec brio.

SHREK FOREVER AFTER
SHREK 4 : IL ETAIT UNE FIN …
*
Réalisation : Mike MITCHELL
USA – 2010 – 93 min
Distribution : UPI
Animation / Comédie

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