Shahada

On 31/01/2011 by Nicolas Gilson

SHAHADA est une invitation à rencontrer une vision diversifiée de la foi musulmane dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Burhan Qurbani signe un premier film brillant qui se veut être la photographie plurielle d’une réalité complexe. Aucun jugement, aucune revendication : il s’agit de confronter le spectateur à une série d’interrogations. Les parcours de trois principaux protagonistes vont se croiser, se répondre et se donner sens. Car la force de SHAHADA réside dans la justesse de son approche chorale : une addition d’enjeux qui s’épousent afin de n’en former qu’un seul. Celui-ci est toutefois singulier car il est l’assimilation à laquelle tend le regard du spectateur.

PROFESSION DE FOI MUSULMANE

Les principaux protagonistes de SHAHADA vivent un rapport à la foi différent. Mais l’intérêt du film ne repose pas tant dans la définition de celui-ci que dans sa remise en cause et son évolution. Burhan Qurbani envisage trois situations complexes pleine de sens. Chacune de ces situations est elle-même source de complexification ce qui donne au film une réelle dimension macrocosmique, au-delà même de la religion dont il est question.

L’approche esthétique confère au film une déconcertante sensibilité. Il est sans cesse question de sensations. Les gestes et les regards revêtent une importance considérable : le réalisateur focalise ponctuellement l’attention du spectateur sur des détails vecteurs de sens. Ceux-ci engendrent ou renforcent le trouble des différents protagonistes. Certes quelques appuis se font sentir mais ils ne sont jamais anodins. La mise en scène est à la fois juste et troublante. Parallèlement, Burhan Qurbani est un fin directeur d’acteur.

Des thématiques telles que l’avortement et l’homosexualité sont envisagées selon une pluralité de points de vue. Le tourment qui habite les protagonistes est habilement établi. Si le jugement peut être extérieur, il provient le plus souvent des acteurs des situations. Ainsi, pourtant fille d’un imam modéré, Maryam se radicalise peu à peu de manière extrême car elle voit dans la religion un refuge, la seule réponse à la situation dans laquelle elle se retrouve et à laquelle elle ne parvient pas à faire face. Toutefois cette radicalisation a pour conséquence de rejeter le concept même de modération car il apparaît être père du vice et non plus de la liberté. Ismail est perdu face aux désirs qui l’habitent…

Les interrogations sont nombreuses. Burhan Qurbani n’y apporte pas de réponses mais l’honnêteté d’un regard sur le désarroi qui hantent ses personnages. Néanmoins l’ouverture d’esprit qui est sienne est évidente. Le fait même de remettre en cause une série de sujets « tabous » en est une preuve indéniable. Mais il n’impose son propre regard que dans la volonté de conduire le spectateur à une réflexion. S’agit-il de remettre en cause sa propre foi, sa vision de l’Islam ou encore des thématiques abordées. Car si celles-ci sont envisagées au regard de la foi musulmane, elles n’en restent pas moins universelles. La profession de foi de SHAHADA est ainsi avant tout humaine et humaniste.

SHAHADA
♥♥(♥)
Réalisation : Burhan QURBANI
Allemagne – 2010 – 90 min
Distribution : Imagine
Comédie dramatique / Drame
EA

2 Responses to “Shahada”

  • il me manque plus que le sous titrage tu sait pas ou je pourrais en trouver (dsl pas de cité la ou je suis alors télécharger c’est pas trop illégale )

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