Sex And The City 2

On 27/05/2010 by Nicolas Gilson

Il semblait impossible de pouvoir faire pire que le premier volet cinématographique des aventures de Carrie Bradshaw et de ses comparses. Pourtant Michael Patrick King nous prouve le contraire. Non seulement son film repose sur un scénario déplorable mais aucun élément ne semble pouvoir en sauver un autre. Et si le film ne séduit guère, l’ensemble est tellement affligeant qu’il n’est pas possible de s’en moquer.

SEX AND THE CITY 2 OU LORSQUE LE RIDICULE NE FAIT PAS MÊME SOURIRE

L’imbuvable scénario ne peut prétendre qu’à la raillerie. Un méli-mélo sans queue ni tête, une adjonction de situations sans intérêt, des prises de tête creuse sur le couple et le devenir amoureux … bref une succession de scénettes toutes plus déplorables les unes que les autres, liées entre elles par un schéma narratif douteux – pour ne pas dire foireux – et par la suprématie du commentaire en voix-over du personnage de Carrie. Comment parvenir à ne pas lui crier de se taire ? Comment ne pas devenir machiste face à autant de débilité ? L’ensemble apparaitrait presque être une critique de la société de consommation où seuls deux intervenants archétypaux existent : Ken et Barbie. Nous ne sommes ni dans la caricature, ni dans l’exacerbation parodique. Tout est simplement mauvais et consensuel pour ne pas dire jugeant – le discours sur la culture musulmane est effarant. Certes Ken peut être homosexuel et Barbie vivre une sexualité libre et épanouie. Mais l’image l’emporte sur tout, ancrant une idéologie dévastatrice qui n’as pas même risible. Comme dans le précédent volet, mais de manière bien plus radicale, nos quatre héroïnes quittent New-York ; or Sex and the City sans la city est bien fade. Encore que les quelques épisodes y prenant place ne sont pas moins affligeant.

Est-il nécessaire de relever le caractère artificiel de l’interprétation ? Le développement des protagonistes comme autant d’icônes absurdes et caricaturales ? Si les quatre héroïnes répondent à une définition schématique établie depuis le début de la série télévisée, la légère émancipation qui est la leur – ah, Miranda peut enfin porter des tenues aussi ridicules que celle de Carrie – n’est que pure illusion. Dès lors rien ne peut être ressenti, tout doit être surreprésenté. L’hystérie est donc la donnée essentielle, l’ingrédient-clé d’une direction d’acteur qui semble inexistante. L’absence de finesse scénaristique trouve donc ici un écho.

L’absence de toute singularité esthétique est plus que lamentable. Tout est démonstratif. Au-delà de toute artificialité ce sont de pures paillettes qui sont jetées aux yeux du spectateur. Doit-il être lobotomisé que pour accepter ce déplorable gavage ? Assurément ! La musique assure ce rôle avec force. Et si celle-ci envahit le film d’un bout à l’autre, il est surprenant de constater qu’elle n’est ni atmosphérique ni conditionnante : il s’agit purement et simplement de bruit. Un bruit désagréable, incessant et irrémédiablement commercial. Reste alors à manger de la publicité – la placement de produit allant au-delà de la visualisation, il s’agit de bien citer les marques pour bien les intégrer ! Et pour tendre à une crédibilité cinématographique quelques guest-stars figurent au générique tandis que le réalisateur se risque aux citations. Liza Minelli a beau être pitoyable, elle reste Liza Minelli … Nous voudrions rire que la réaction est autre.

Le seul point positif du film étant in fine la sexualité assumée du personnage de Samantha qui vaille que vaille baise avec capotes. Un objet trop absent des écrans de cinéma, souvent oublié au cœur des scénarii, qui trouve une juste place si l’on substitue aux extrémistes musulmans le puritanisme américain – réel terrorisme occidental.

SEX AND THE CITY 2

Réalisation : Michael Patrick KING
USA – 2010 – 146 min
Distribution : Warner Bros.
Comédie (dramatique)

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